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Indes, admirerait la magnificence portugaise, et verrait quantité de choses dont manque le Japon *. L'on négocierait l'ouverture d'une station portugaise près de la capitale, à Sakai par exemple, débouché naturel de Miyako et grand marché de métaux précieux 2. Les gens de Goa résisteraient-ils à cet argument?

En ce temps-là ne naviguait pas qui voulait. Ce droit était mis aux enchères. En 1612, un voyage à Ceylan était estimé 12.000 francs ; celui des Moluques 175.000; celui de Chine et du Japon montait jusqu'à 625.000. Parfois l'on faisait l'aumône d'un de ces voyages à quelque charitable institution, église, ou hôpital'.

Ne pourrait-on pas, demandait Xavier, faire profiter les missionnaires de cette coutume? Le gouverneur, accordant à quelque ami le voyage du Japon, y mettrait comme condition qu'il y transporterait les Pères. Le navire partirait des Indes bien équipé, bien armé, pour en imposer aux pirates, et abondamment pourvu de marchandises. Et le saint dressait une liste des denrées qui auraient à Sakai leur écoulement certain. Peu de poivre, pour le vendre plus cher. L'affaire serait très avantageuse et le navire reviendrait chargé d'or et d'argent. 11 faudrait partir de Goa en avril, et de jNIalacca en juin; à aucun prix, ne relâcher en Chine, sauf pour faire de l'eau. Le voyage, à ce prix, durera quatre mois et demi. Sinon, il en prendra dixsept. Il faut perdre de vue les côtes de Chine le l*"^ août, sans quoi, c'est une année de retard. Le gouvernement ferait donc promettre au capitaine d'aller droit au but, sans escale dans les ports chinois''.

Une dernière préoccupation restait au cœur de Xavier. Des missionnaires allaient venir le rejoindre au Japon. Les âmes ardentes ne manquaient pas à Rome, à Lisbonne, à Goa, ailleurs encore. Ce n'était pas tout d'offrir à leur zèle de magnifiques champs de travail : ce zèle devait être pur, solide, à toute épreuve. Et alors, dans la solitude de Cangoxima, il leur écrit

2. p. 648 et 654. Sakai est aujourd'hui une dépendance d'Osaka.

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