‹ Saint François XavierChapitre 539 sur 820 · Mon. Xav., p. 609, 610; Valignano, p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p. 609, 610; Valignano, p

2. Mon. Xaf , p. 610. M. Haas (p. 159) croit que Ninjit, ou Ninxit, n'était pas bonze. Ce devait être, dit-il, Nissin Seijin, père du daimyô du Satzouma; homme lettré, mais non pas supérieur de bonzerie. De la part de Xavier, cette erreur serait étrange ; tout distinguait les bonzes des laïques, le costume, la tonsure, etc. Voir dans Gros, II, p. 77, le récit du Père Frois d'après les papiers de Jean Fernandez. Ninxit y est encore présenté comme supérieur de bonzerie. De même Louis de Almeida, p. 79. — M. Haas ne connaissait pas les publications du Père Gros.

'5. Gros, p. 77.

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propre charme, sous les incertitudes du Todô de la grande bonzerie, quand il écrivait : « Nous avons souvent causé tous les deux. Je l'ai trouvé hésitant sur le point de savoir si l'âme est immortelle ou si elle meurt avec le corps. Tantôt il me dit oui, et tantôt non. Ainsi doivent être tous leurs lettrés ^ »

Les missionnaires qui viendront plus tard diront plus crûment : « Pour ces Jenxus'^ (la secte du vieux Ninjit), naître et mourir, c'est tout. Pas d'autre vie. Ni châtiment pour les mauvais, ni récompense pour les bons. Point de (]réateur. Point de Providence^. » Sous cette forme un peu brutale, le résumé est exact. Les Jenxus professaient un bouddhisme radical, athée et matérialiste. Pour eux, le nirwana est l'anéantissement pur et simple^. Pareil état d'esprit ne laissait pas que de déconcerter les prêtres européens, et ils se demandaient ce que cachaient ces théories extrêmes. Ce qu'ils savaient des mœurs monastiques au Japon n'était pas pour leur faire prendre au sérieux les transcendances métaphysiques dont s'enveloppaient ces négations. Ils remarquèrent qu'elles étaient chose aristocratique. C'était le credo des seigneurs, qui avaient besoin de n'être pas trop gênés ici-bas dans l'usage et l'abus des choses terrestres ; et les missionnaires concluaient qu'en tout cela, de la part des bonzes, il n'y avait que basse concupiscence. Ils flattaient les passions des grands pourqu'on leur rendît la pareille.

Le père Louis Frois écrivait encore : « Cent fois par an, ils se livrent à l'exercice du zagen, sorte de méditation d'une heure ou deux. Ils réfléchissent sur cette axiome: « Il n'y a rien. » Pourquoi cet exercice ? Evidemment c'est pour étouffer les remords de conscience "^ » François reçut un jour une confidence curieuse. Voyant des bonzes accroupis qui semblaient contempler, immobiles, dans l'attitude hiératique de leurs bouddhas, il s'enquitde ce qu'ils faisaient. Le vieux Ninjit fut franc : « Les uns calculent ce que, le mois passé, ils ont tiré de leurs paroissiens ; les autres, comment s'habiller, se régaler, s'amuser. Pas un ne songe à chose d'importance''. »

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