Marc, x
CANGOXIMA 167
s'achevait et Xavier ne partait pas. Que voulait donc le prince? Nous l'avons dit, attirer le commerce portugais; aussi, en ce moment, confisquait-il les missionnaires. Son intérêt était de les retenir et de les défendre contre leurs ennemis.
Car François avait des ennemis. Pour quelques moines d'esprit large et touchés par la grâce, combien d'autres s'inquiétaient de l'influence grandissante du prêtre européen et du progrès lent mais réel du christianisme ! « Sans eux, déclarait le saint, Paul de Sainte-Foi eut conquis à Jésus-Christ toute la ville '. »
Gomment les bonzes n'eussent-ils pas fait opposition ? Ces étrangers attaquaient tout chez eux, infamie des mœurs, absurdité des doctrines, hypocrisie de la conduite. Donc, pour sauver la « confrérie » bouddhique, à tout prix, il fallait forcer les « barbares » de l'occident à disparaître. Ce n'était pas que la communauté chrétienne fût considérable. Une centaine de baptisés ^r voilà le résultat d'une année de prédication en ce pays où tout d'abord on avait espéré faire si ample moisson.
Mais le prestige des bonzes allait s'évanouissant, et, avec le prestige, les ressources. La conversion d'une noble japonaise et de sa famille mit le comble aux fureurs^. La lutte éclata. Les bonzes agitèrent l'opinion; ils excommunièrent ceux qui osaient écouter les étrangers^. Quand le saint prêchait, un moine venait près de lui et criait à la foule : « C'est un