Gros, \\, p. 92 (Ann. de Macao
2. Lettre du P. de Alcaçova, Goa, 155't (Carias de Japâo, Coïmbre, 1570, p. Ivij). — Dans celte lettre, au lieu de Tanuxuma, lire Cangoxima, cf. Epist. Japanicae, Louvain, 1569, p. 44.
3. Notons au passage que la lettre du roi de Cangoxima, insérée par Orlandini au livre XI n. 115, de son histoire, est un faux de Mendez Pinto. Un missionnaire du Japon, envoyant à Rome ses observations sur l'Histoire de la Compagnie, disait : « Ce style fait rire les Japonais. » (Cite par Delplace, t. I, p. 8.)
voyaient un missionnaire. Isolés dans les montagnes, ils ignoraient ce qui se passait au loin. Il fallut leur dire ce qu'était devenu le Santo Padre^ quels progrès avait faits l'Évangile à Miyako et dans le Bungo. Leur Thébaïde était une oasis de paix et de piété. L'intendant Michel s'était acquitté de sa charge avec intelligence. La maîtresse de la maison et lui racontèrent quels miracles avaient opérés les prières laissées par le Père François. Leur seul contact avec la poitrine des malades les avait souvent guéris. Lui-même, le châtelain, quoique idolâtre, avait éprouvé cette vertu. La discipline du saint faisaitmerveille. Une fois la semaine, on se réunissait et chacun s'en donnait trois coups, pas davantage, car il fallait ménager la relique. « Cela, racontait Michel, nous tenait en santé. Une fois la maîtresse de la maison tomba gravement malade. Elle demanda la discipline; c'était, je le sais, pour s'en donner quelques coups; et le remède la guérit. »
Almeida n'avait qu'une journée à consacrer à ces fervents chrétiens; il l'employa à leur parler des choses de Dieu, à compléter leur instruction. Le capitaine idolâtre assistait à ces entretiens. Chrétien de cœur, il eût voulu le devenir tout à fait par le baptême, mais il craignait le daimyô. Du moins laissaitil aux siens toute liberté. Louis d'Almeida fit disposer une sorte d'autel, avec une pieuse image de Marie, et, avant de s'éloigner, baptisa les catéchumènes instruits par le bon Michel, neuf chrétiens en tout, dont deux enfants du seigneur. Puis il partit, promettant de revenir dans une quinzaine^
ACangoxima,le frère revit le todo de labonzerie de Fucuxoji, le vénérable Ninjit. C'était toujours le vieillard aimable que nous connaissons. On parla beaucoup de Maître François. Le bonze posait force questions sur les choses les plus disparates, la création, la pluie, les saisons. Puis il fallut bien aborder l'affaire du salut : « Je voudrais mourir baptisé, disait-il, mais la place que j'occupe, ma dignité, la vénération que l'on a pour moi m'en empêchent^. »
Un autre bonze, nommé Nanjiri, se trouvait dans le monastère