‹ Saint François XavierChapitre 550 sur 820 · Ibid., fol. cclxxxiij. Gros, II, p · texte numérisé non relu

Ibid., fol. cclxxxiij. Gros, II, p

CANGOXIMA 173

de Ninjit, son ministre et son disciple, quand Xavier le visita. Depuis, il avait été fait supérieur d'une autre bonzerie : il avait plus de soixante ans. Des conversations avec le saint, il conservait une impression extraordinaire. « Quand il parlait, disait-il, bien qu'il n'eût presque pas de langue pour s'exprimer \ mon intelligence restait convaincue. »

Almeida eut avec lui de longues conférences. Le Frère tardaitil à venir, le bonze l'envoyait chercher. Les discours de Xavier lui avaient laissé la conscience troublée. Il ne cessait d'interroger. Enfin il pria le Frère de se fixer près de lui. Ils prolongeaient leur causerie si avant dans la nuit que, parfois, l'un et l'autre tombaient de sommeil.

Nanjiri était un savant. Sa bibliothèque bouddhiste était des mieux montées, et sa chambre, du haut en bas, tapissée de livres. Il préparait ses entretiens. « J'avais noté, disait-il un jour, soixante-dix questions à vous poser. Mais vos réponses aux trois principales m'ont tellement dessillé les yeux, que je laisse les autres. Une seule chose me tient perplexe. J'ai lu et examiné plus de 7.000 livres des lois de Xaca, imprimés en Chine. Ceux qui les ont écrits n'avaient pas moins d'intelligence et de savoir que vous. Il faut cependant que je le confesse, telle est l'efficacité des raisons sur lesquelles se fonde la loi de Dieu que vous prêchez, qu'elles m'ébranlent; elles seules me semblent exprimer la vérité; et je le vois encore mieux lorsque je les rapproche de ce que disent tous nos livres. » Et le pauvre homme en venait à demander le baptême; il savait les prières, il avait bonne volonté, il était convaincu, il était vieux. Seulement, que la cliose fût secrète. Il continuerait à initier les nobles qui se présenteraient à la secte des Jenxus, mais ce serait pour les amener doucement à la foi évangélique.

Ninjitet lui alléguaient que, si quelque seigneur mourait, ils ne pourraient se dispenser d'aller réciter, sur le corps, les prières de leur religion. Mais comment accepter pareilles conditions? Un moment ils parurent sur le point de se décider, puis ils reculèrent encore et Almeida dut s'éloigner ^. Les chrétiens racontèrent plus tard qu'au lit de mort Ninjit témoigna un

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