Cbos, II, p. 80-81. Carias, fol. cclxxxiij etsuiv
grand repentir de ne s'être pas fait baptiser. Qui pourra dire ce que pesa dans la balance de Dieu ce regret tardif' ?
Quand Almeida eut achevé son ministère à Cangoxima, il revint passer dix ou douze jours à Ychicu^, puis il s'éloigna. Or il est un nom qu'on s'étonne de ne pas trouver dans sa relation. Qu'était devenu Paul de Sainte-Foi ? Et, s'il était mort, d'où vient que pas un souvenir n'est donné à ce « bon compagnon » de François Xavier ^ ?
Sa fin est enveloppée de mystère. Certains historiens, comme Valignano etLucena, se taisent complètement, et ce silence est étrange. D'autres, comme Tursellini, constatent sa disparition, qui suivit de près le départ de Xavier, mais ne l'expliquent pas^. Bartoli assure que le Japonais, au bout de six mois, alla recevoir au ciel la récompense de son éminente vertus Gharlevoix raconte que, pour vaquer à son ministère, il avait tout quitté^, et c'est ici peut-être qu'il faut mettre un détail que nous savons par ailleurs. En signe de renoncement au monde, il se serait, comme les bonzes, fait couper barbe et cheveux et aurait pris le nouveau nom d'Anxey". Mais il fut alors si persécuté des moines bouddhistes qu'il dut s'éloigner. L'annaliste de Macao n'est pas loin d'en faire un martyr. Il fut chassé, dit-il, cinq mois après le départ du Père François; la persécution alla si loin que, ne pouvant vivre au Japon, il partit pour la Chine '^, et Mendez Pinto ajoute qu'il fut tué par les pirates aux environs de Liampo^.
1. Annaliste de Macao, citant le P. Louis le Japonais, Gros, p. 81.
2. Le P. Gharlevoix assure que l'intendant Michel était mort dans l'intervalie des deux visites d' Almeida. C'est une erreur; il était alors très vieux; mais la lettre d'Almeida le représente comme vivant encore. Il vécut même longtemps encore, si nous en croyons un document reproduit par l'annaliste de Macao (Gros, II, p. 87). Il ne serait mort que vers 1.^98.
3. Pour tout ce qui suit, nous reproduisons les documents et les conclusions du P. Gros, p. 95-97.