I. — Firando
Du château d'Ychicu, Xavier avait repris sa route vers Firando. Il gagna la côte, et s'embarqua dans une jonque qui faisait voile vers le nord. La barque était petite, la mer mauvaise et infestée de pirates ^ Elle contourna l'île de Kiu-siu par le sud-ouest. Dans les derniers jours de septembre, ou au commencement d'octobre, François était à Firando. En rade se trouvait le navire portugais arrivé là depuis deux mois, et qui avait causé ses disgrâces de Cangoxima.
Nul doute que les marchands, comme ceux de l'année précédente, n'aient reçu avec honneur le Santo Padve^. Quant au daimyô, cette fois encore, il lui fit bon accueil ^ Une chrétienté se forma rapidement. En quelques jours, les missionnaires purent baptiser une centaine de Japonais, grâce, dit le saint\ au frère Fernandez, qui déjà parlait assez bien la langue. De leur côté, les marchands portugais bâtirent une chapelle^.
Cependant François songeait toujours à Miyako^, la ville impériale. Si la faveur, ou du moins la neutralité de ceux qu'il appelait les ducs du pays, favorisait à ce point les conversions,