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Ann. de Macao (Gros, p

6. Miyaho (Meaco, Miako) signifie capitale. Le mot actuel Kiôto est un équivalent sino-japonais. Le nom officiel est Saïkio, capitale de l'ouest. Tokio «st la capitale do

l'est.

que ne ferait pas un édit de tolérance venant du roi? Il lui semblait avoir déjà perdu trop de temps. Son expérience de Cangoxima lui avait appris à ne pas trop compter sur les seigneurs, et à ne leur demander que la liberté. Il résolut donc de partir. S'il ne pouvait immédiatement parvenir à Miyako, du moins chercherait-il à s'en rapprocher. En conséquence, après une vingtaine de jours passés à Firando, il laissa Gosme de Torrès à la garde des néophytes, et, emmenant avec lui Jean Fernandez, Bernard et un autre Japonais, il prit le chemin du nord. On était à la fin d'octobre '.

C'était un voyage de plus de 800 kilomètres. « Il n'avait, remarque Valignano, aucun secours, aucun appui des hommes. Il fallait, pour tenter une telle entreprise, un cœur vraiment grand et confiant. Pénétrer ainsi dans l'intérieur des terres, passer dans un costume si nouveau, si étrange, traverser toute la gentilité du Japon, sans guide, sans espoir autre que Dieu, ceux qui savent ce qu'était alors le Japon diront que c'était une œuvre de confiance très héroïque et toute surnaturelle 2. »

La route se fît partie à pied, partie en barque. A pied, le voyage était plus fatigant, car il fallait porter son bagage. « Il tenait en deux besaces, écrivait Fernandez ; à savoir un surplis, trois ou quatre chemises, et une vieille couverture qui nous servait à tous deux la nuit, car il n'y a pas de lit dans les hôtelleries du Japon. » Bernard avait, suspendu à la ceinture, un petit sac à provisions, contenant du riz grillé. C'était pour les jours où il serait impossible de rien acheter aux auberges^.

De Firando, les voyageurs gagnèrent le port de Facata'', distant de 90 kilomètres. Ils y visitèrent une grande bonzerie de la secte des Jenxus. Les bonzes firent une chaleureuse réception à ces confrères étrangers qui venaient, disait-on, du pays des dieux, et ils les conduisirent à leur « abbé ». Là aussi, très

1. La date est donnée par le P. Frois, (Gros t. II, p. 99). — Polanco, t. II, p. 140, parle d'un séjour de deux mois. C'est une erreur : François n'a pas pu séjourner à Firando beaucoup plus de vingt jours. Parti de Cangoxima probablement dans la première moitié de septembre, il dut mettre une quinzaine de jours à gagner Firando, une vingtaine peutêtre si l'on prolonge son séjour au château d'Ychicu. Il était donc à Firando fin septembre, ou commencement du mois suivant, et il devait en partir à la fin d'octobre.

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