‹ Saint François XavierChapitre 559 sur 820 · Aujourd'hui Ha ha ta · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Ha ha ta

bon accueil ; on leur servit aussitôt des fruits. Mais Xavier avait appris que cette maison était le repaire de honteuses immoralités, et cela au su de toute la population. On eût dit que le sol de ce lieu infâme lui brûlait les pieds. Intrépide, il éleva la voix, et, en termes sévères, reprocha aux assistants, abbé et moines, le vice qui les déshonorait. Puis il passa au chapitre des fourberies, flétrit le double jeu par lequel ils trompaient le public, laissant entendre aux uns, les riches, qu'il n'y a rien après la vie, et exhortant les autres à faire, pour le soulagement de leurs morts, des offrandes qu'ils s'appropriaient sans vergogne. Ce fut, dans la bonzerie, une stupeur générale. D'aucuns essayèrent de rire ; mais les autres restaient ébahis. Pour lui, « sans autre compliment, raconte Jean Fernandez, il les laissa, et nous continuâmes notre route' ».

Il fallait maintenant passer sur l'île de Nippon. La petite bande prit place dans une jonque, et l'on s'engagea dans le long détroit resserré de Simonoseki. « Or, nous dit le compagnon de Xavier, les pirates étaient partout. Nous dûmes souvent, pour échapper aux regards, demeurer cachés à fond de cale. Ces cinq ou six journées furent très rudes. » Enfin les voyageurs débarquèrent^, et, après avoir encore fait trois lieues dans les terres, parvinrent à Yamaguchi.

Ils avaient mis une quinzaine de jours à venir de Firando et, tout en cheminant, avaient converti un samiiraï^ un autre homme et sa femme 3.

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