‹ Saint François XavierChapitre 563 sur 820 · Gros, p · texte numérisé non relu

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•1. Ibid., p. 104, 105.

3. C'est-à-dire, employez à leur égard les formules de langage réservées à ceux que l'on dédaigne.

absolu SOUS la menace de mort. Aussi « aujourd'hui encore, écrivaitle Père Melchior Nunez en 1558, ils le considèrentcomme un grand saint'. »

François désirait pénétrer jusqu'au daimyô et obtenir l'autorisation officielle de prêcher. De son côté, le prince était curieux de voir ces gens du Tenjicu dont tout le monde parlait. Un des principaux samuraï ménagea une audience. Comme manteau de cérémonie, le Père jeta sur sa pauvre soutane un vieil habit. Quand il fut devant le prince, son compagnon et lui s'agenouillèrent selon le cérémonial et firent deux révérences. Personne n'assistait à l'entrevue que le samuraï introducteur et l'un des grands bonzes de la province; mais il y avait foule dans les salles et sur les terrasses voisines, et, sans doute, il était facile, à travers les minces paravents, d'entendre ce que disait l'étranger.

Très bienveillant, Yoshitaka interrogea François. Et d'abord, qui l'envoyait?» Le Dieu du ciel et de la terre », répondit le saint. La conversation sauta à des choses de pure curiosité, les voyages, les Indes, l'Europe ; puis elle revint au point capital : « Quelle était cette loi qu'on apportait aux Japonais^ ? »

Alors, sur un signe du Père, Fernandez se mit à lire dans son cahier le récit de la création. Puis il passa aux commandements, insistant sur les endroits où il était parlé de la sanction de nos actes, le jugement et l'enfer. Là se trouvait une vigoureuse sortie contre l'idolâtrie et les vices du pays. Or le texte était sans ménagements; ilportait que l'homme adonné à cette sorte d'abominations était « plus sale que les porcs, pire que les chiens et autres brutes». On vit le daimyô qui changeait de visage. Fernandez crut qu'il allait faire un signe et ordonner de couper la tête aux deux audacieux. Mais, en grand seigneur qu'il était, il se contint, écouta attentivement pendant une heure, et, quand la lecture fut finie, sans rien dire, donna gracieusement congé au Père et à son compagnon 2. Au seuil du palais, la foule les entoura, et ils furent assaillis d'injures : « Les voilà, ceux qui veulent nous faire adorer le Créateur et Sauveur du monde, qui disent que la polygamie est interdite et traitent de péché ce

1. Epistolae Japonlcae, Louvain, 1569, p. 186; Carias de Japâo, fol. cxxxiij.

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