‹ Saint François XavierChapitre 573 sur 820 · MURDOCH, loc. cit · texte numérisé non relu

MURDOCH, loc. cit

de voir ce « roi », on leur dit qu'il était absent : la vérité est qu'il était en fuite. Ses ennemis s'étaient emparés de la capitale, l'avaient occupée toute l'année 1550, et avaient détruit le château shogunal. La paix venait de se faire; Yashiteru allait rentrer, mais était-ce le moment pour les deux pauvres étrangers de lui demander audience <?

Xavier errait donc du palais pillé au palais en ruines, s'arrêtait aux portes, guettait les occasions. Il finit par comprendre qu'il n'y avait rien à faire. Tout au plus aurait-il pu, par l'intermédiaire de quelque seigneur, faire parvenir une supplique. Encore devait-il la faire accompagner de beaux présents, et quels présents pouvaient bien apporter des gens aussi misérables? Xavier répondait que ses présents étaient à Firando; il les ferait venir si on lui accordait une audience ; mais on ne l'écoutait pas. Durant quelques jours il attendit. On remarquait les missionnaires à leur poste de patience : on leur demandait qui ils étaient, ce qu'ils voulaient, ajoutant que leur place n'était pas là. Essayaient-ils de répondre, on s'en allait en riant. François voulut prêcher; il ne recueillit que des coups de pierres et de bâton '^.

11 y avait encore une autorité à laquelle il avait songé, cette espèce de Sorbonne, où l'on était censé discuter et juger les sectes nouvelles, quelque grosse bonzerie de la banlieue. Mais là encore, à quoi bon? Le saint maintenant savait ce que valaient les bonzes. Quant à ceux des environs de Miyako, toujours en armes, on les avait vus peu auparavant brûler une moitié de la ville. Sur quoi le clan des Miyoshi avait incendié le monastère de Higashi Yama et massacré les moines 3.

L'expérience de Xavier était faite : il n'y avait rien à espérer du gouvernement central : il fallait se retourner vers les daimyô de la province, les seules autorités réelles, les seuls rois; et il partit. Il était resté dans la capitale onze jours^. Montant donc en barque au faubourg de Toba, il descendit la rivière jusqu'à la mer. En s'éloignant, il regardait tristement

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