‹ Saint François XavierChapitre 58 sur 820 · Lainez, p. 144; Rodriguez, p. 488; Polanco, p · texte numérisé non relu

Lainez, p. 144; Rodriguez, p. 488; Polanco, p

essayèrent d'abord de mener de front leur préparation et les travaux d'hôpital ; au bout d'un mois, il fallut y renoncer, et ils résolurent d'aller chercher la solitude hors de Venise. Ils se dispersèrent deux par deux dans les villes de la République. Leur but était, tout en vivantd'aumônes, de faire deux parts dans leur vie, la plus large donnée à la contemplation, l'autre laissée à l'apostolat. On étaità la fin de juillet 1537'.

Lainez et Le Fèvre se rendirent donc à Vicence, où Ignace devait les rejoindre. Les autres allèrent chercher leur ermitage auprès de Trévise, Vérone, Bassano. François et Salmeron s'en furent à Montselice, petite ville à quatre lieues de Padoue. Ils avisèrent, dans un faubourg, une chaumière abandonnée, sans portes ni fenêtres. Pour lit, le sol nu. De temps en temps, ils paraissaient sur la place et prêchaient; le plus souvent, ils se tenaient enfermés dans leur solitude^.

Ces jours furent, pour tous, marqués par des grâces de choix. Ignace, dit-on, y retrouva ses extases lumineuses de Manrèse^. Nous ignorons ce qui se passa pour Xavier. Au bout de quarante jours, ils sortirent de leur Thébaïde, et se répandirent, deux ou trois mois durant, dans les villages voisins^.

Ils allaient sur les places. De la voix, de la main, du bonnet, ils appelaient les gens et commençaient à prêcher. On se moquait de leur mauvais italien. « Peu ou point d'auditoire quelquefois, nous dit Lainez; mais c'était là pour nous exercice de mortification plus qu'autre chose, et quand même, il se faisait toujours un peu de bien, » Du reste, les moqueries ne durèrent pas. On finit par sentir que ces étrangers étaient de vrais apôtres, et l'Esprit-Saint donnait à leur pénible éloquence une efficacité merveilleuse.

Dans le courant de l'automne, Ignace réunit tous ses disciples autour de lui. Xavier quitta Montselice et vint à Vicence. Il trouva ses amis dans un couvent abandonné, San Pietro in Vanello, vieille bâtisse en ruines, au toit délabré, sans fenêtres ni portes. Là, tous ensemble reprirent leur vie de pénitence et

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