‹ Saint François XavierChapitre 580 sur 820 · Mon. Xau., p · texte numérisé non relu

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pitié de leurs ancêtres, lui qui les laissait aller en enfer sans se faire connaître d'eux. C'était là une des grandes objections qui les arrêtait. Il plut à Notre-Seigneur de leur faire entendre la vérité et de les délivrer de leurs doutes. Nous leur donnâmes les raisons suivantes : nous prouvâmes que la loi de Dieu est la plus ancienne de toutes, antérieure à l'importation des croyances chinoises. Alors, les Japonais savaient déjà que tuer, voler, faire de faux témoignages, d'autres actions encore contraires aux dix commandements, étaient mauvaises : la preuve, c'est qu'ils en éprouvaient du remords. La distinction entre le bien et le mal est écrite au cœur des hommes. Et ainsi, les commandements de Dieu sont connus des nations, sans qu'elles aient d'autre maître que le Créateur d'elles toutes.

« Que si quelque doute leur restait, qu'ils fissent l'expérience suivante. Prenez un homme élevé sur une montagne solitaire, sans aucune connaissance des lois chinoises, et demandez-lui, à cet homme des bois, si tuer, voler, violer les commandements est, oui ou non, un péché; si les observer est, oui ou non, bien agir. La réponse de ce barbare, qui n'a eu personne pour l'enseigner, montrera clairement qu'il connaît la loi de Dieu. Qui la lui a apprise, si ce n'est Dieu, son Créateur? Et si les barbares ont cette connaissance, que dire des civilisés ? Ainsi la loi de Dieu gravée au cœur des hommes est antérieure à toute loi écrite. Cette raison les satisfit tous; et, leur doute éclairci, ils se firent chrétiens plus facilement*. »

On voit par ces détails s'il est vrai, comme l'écrivent des historiens japonais 2, que les auditeurs de Xavier se sont convertis faute de savoir ce qu'était le christianisme. Les Japonais, par leurs questions, le forçaient à aborder les problèmes les plus ardus : ils n'étaient pas gens à se contenter de n'importe quelle réponse. Xavier savait doser la quantité de doctrine que les néophytes étaient capables de porter. En d'autres lieux il ne pouvait dépasser le minimum nécessaire. Ici le nécessaire allait fort loin.

Les conversions avaient été lentes à venir. Les Pères grandissaient dans l'estime publique: on louait leur enseignement;

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