‹ Saint François XavierChapitre 581 sur 820 · Nagaoka, p · texte numérisé non relu

Nagaoka, p

on admirait leur vie sainte, mais personne ne se décidait à franchir le dernier pas et à tirer la conclusion pratique. A Fernandez revient l'honneur d'avoir emporté la victoire décisive. Il prêchait un jour dans la rue et il y avait foule. Un homme du peuple s'amusait à l'interrompre par ses moqueries. Enfin, s'approchant par derrière, il feignit de vouloir lui dire un mot. Fernandez se retourna et un crachat lui arriva en plein visage. Il y eut des éclats de rire. Mais c'était trop fort, presque toute l'assemblée s'indigna. Fernandez ne se troubla pas pour si peu; il s'essuya tranquillement et continua sa leçon. Or, un autre Japonais, qui ne manquait aucune occasion de contredire Maître François, se trouvait là. L'humilité calme du Frère le fit réfléchir. L'instruction finie, il le suivit à la maison, se fit catéchiser et, quelque temps après, recevait le baptême. Ce fut le premier chrétien d'Yamaguchi. Japonais de distinction, son exemple en détermina d'autres; peu après, les missionnaire» avaient la joie de baptiser leur hôte, un samuraï lui aussi, sa femme et quelques parents^

Le branle était donné. « Nos visiteurs, raconte François, poussèrent si bien les difficultés que, par nos réponses, ils virent combien les lois de leurs saints étaient fausses, et vraie la loi de Dieu. Ces controverses se poursuivirent pendant bien des jours ; enfin commencèrent les conversions ; et ceux-là justement se donnèrent à nous qui, dans ces discussions, s'étaient montrés les plus hostiles. Parmi eux, beaucoup de nobles qui nous témoignèrent une incroyable amitié... Dans cette ville, en deux mois, nous avons baptisé à peu près cinq cents personnes. Tous les jours, grâces à Dieu, il se faisait quelque baptême... Ces convertis nous montrent grande estime et grand amour. Je crois que ce seront de vrais chrétiens 2. »

On nous a conservé d'intéressants détails sur quelques-unes de ces premières conquêtes. Le Japonais Laurent était un chanteur des rues d'une physionomie assez déplaisante, avec son œil mort et son autre œil presque éteint. Il gagnait sa vie à aller d'une

1. Gros, II, p. 140 (Annaliste de Macao). D'après le P. Frois, l'hôte de François s'appelait Uchidadono, et serait le premier converti (p. 146). Il prit le nom de Thomag et s» femme celui de Marie (Marthe, d'après l'Annaliste, p. 141).

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