‹ Saint François XavierChapitre 583 sur 820 · Ibid., p. 689; cf. Cartas de Japâo, p. xcvj · texte numérisé non relu

Ibid., p. 689; cf. Cartas de Japâo, p. xcvj

transcendance exclusive. Mais l'heure de Dieu ne tardera pas beaucoup. En 1554, Naitô' se fera baptiser, lui, sa famille, ses vassaux, ses alliés, en tout trois cents personnes. Quelque temps après, on le trouve gouverneur de Yamaguchi.

Les voies de Dieu étaient parfois plus mystérieuses. Le Frère Laurent racontait en 1560 que, au pays de Harima^, il avait rencontré un bonze très austère, d'une abstinence rigoureuse : ni viande, ni poisson, ni blé, ni orge, ni riz, rien que des herbes et des fruits. Il avait fait le vœu de consacrer sa vie à élever les enfants selon toutes les prescriptions du livre sacré, le Hoké-kio^. Or, dix ans auparavant, précisément alors que Xavier travaillait au Japon, il avait vu en songe des prêtres venus du Tengiku, lesquels lui montraient le vrai chemin du ciel. Le lendemain on lui apprit que des étrangers prêchaient publiquement à Yamaguchi, le dogme de la vie future. Alla-t-il les écouter? Nous ne le savons. Mais, durant dix ans, il vécut fidèle aux lumières de Dieu et, quand il rencontra Laurent, le converti de Xavier, son âme était prête : il reconnut dans l'Evangile la doctrine dont son âme avait besoin et demanda le baptême ^.

La petite chrétienté de Yamaguchi remplissait Xavier de joie : « Il n'est pas croyable, écrivait-il, combien ces chrétiens nous aiment. Ils viennent et reviennent chez nous s'enquérir de ce qui pourrait nous être agréable. Le Japonais est serviable, et les chrétiens le sont pour nous à l'excès. Plaise à Dieu dans sa miséricorde les en récompenser^. » « On dirait des religieux, assurait Fernandez. Je ne saurais, en vérité, exagérer leurs mérites. L'amour qu'ils nous portent est tout filial ; il n'est pas de Portugais qu'ils ne tiennent pour frère très cher ^ » L'annaliste de Macao, qui cite ces lignes, ajoute : « Ils se montraient admirables de zèle pour la conversion des païens, le soulagement des pauvres; ils formaient, comme les fidèles de la primi-

1. Dans les relations des missionnaires, Naytonduno, Neantonduno.

2. Harima, Farima, une des provinces du Nippon, sur la mer intérieure.

3. Le Hoke-kio, le « Lotus de la Bonne Loi », en chinois Fa-Loa-King, recueil de» maximes de Bouddha.

4. Epistolae Japonicae, Louvain, 1569, t. II, p. 79, 80; Cartaa de Japào, fol, clxxxvij.

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