‹ Saint François XavierChapitre 584 sur 820 · Gros, p · texte numérisé non relu

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tive Église, une famille parfaite... Plus tard la chrétienté de Yamaguchi demeura vingt-cinq ans sans prêtre. On la retrouva florissante, comme si la prédication et la grâce des sacrements n'avaient pas cessé de l'arroser et de la féconder. »

Que les chrétiens aimassent leur Père, ils le lui devaient bien, car, poursuit l'annaliste, « la moisson coûtait cher à ceux qui la semaient. Après six mois de ce rude labeur, les cheveux de François avaient blanchi ». Il continuait à ne se nourrir que de riz et de légumes : il dormait très peu, ses entretiens avec ses visiteurs se prolongeant jusqu'en pleine nuit. Durant son court sommeil, on eût dit que l'âme continuait à veiller. Sept mois durant, le Japonais Bernard partagea sa chambre. Toute la nuit, il l'entendait soupirer et murmurer le nom de Jésus. Parfois il lui demanda pourquoi ces soupirs : François n'avait eu conscience de rien. Plus tard, à Rome, le même Bernard racontait au Père Ribadeneira, son confesseur, que, de ses yeux, il avait vu apporter au Père de nombreux malades, et qu'avec un signe de croix ou un peu d'eau bénite, ils avaient été instantanément guéris. Au Père de Quadros, il spécifia trois de ces guérisons : à un sourd Xavier avait rendu l'ouïe, la parole à un muet, la parole et la marche à un muet paralytique. A plusieurs reprises, Bernard raconta le fait dont nous avons déjà parlé, Xavier satisfaisant par une seule réponse à dix ou douze questions disparates, et il concluait : « Les Japonais le tenaient pour un homme venu du ciel et supérieur à tous les hommes'. »

Si le zèle du Père était infatigable, infatigable aussi était la pieuse importunité des néophytes, llsvoulaient avoir l'explication des moindres usages chrétiens. Ces pratiques les intéressaient d'autant plus que, tout naturellement, elles prenaient la place de pratiques bouddhiques analogues. Au lieu de répéter sans fin le nom d'Amida, ils répétèrent les saints noms de Jésus et de Marie, Au lieu de l'eau qui avait servi aux bains de pieds de l'empereur, ils eurent l'eau bénite. Idolâtres, ils avaient égrené le chapelet des 108 passions, répétant 108 fois « Nami Amida bouts, adoration à Amida » ; ce qui les débarrassait, à chaque grain, d'un péché, gourmandise, vanité, colère. Le

1. RiBADE^'EiRA, Vida de San Ignacio^ 1. IV, ch. 7. — Lettre du P. de Quadros, Sel. Jnd. Ep., p. 189.

chapelet fini, Tâme était pure, pure sans repentir. Maintenant le rosaire apprenait aux néophytes à unir en un seul acte prière vocale et prière mentale. De toutes les dévotions catholiques, le rosaire est une de celles que les Japonais abandonnés conservèrent avec le plus de fidélité. Parmi les objets échappés aux perquisitions et que les chrétiens de 1865 pouvaient montrer à leurs missionnaires, il y avait des grains de chapelet qu'on se passait de père en fils'. Puis les indulgences. Aux adeptes de leur secte qui leur faisaient de grosses aumônes, les bonzes délivraient des billets assurant, pour l'autre vie, un remboursement au double ou au triple. Les indulgences chrétiennes, une fois qu'ils les eurent bien comprises, remplacèrent l'absurde usage païen ^.

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