IV. — Le dépari du Japon (fin octobre
Ainsi, vers la iin de 1551, l'avenir immédiat de la mission semblait assuré. Sur les deux bords de la mer intérieure, dans les deux plus puissaates principautés du sud, FÉvangile trouvait des protecteurs. Ni l'un ni l'autre des deux frères n'était chrétien. Yoshinaga n'avait aucune envie de le devenir, et il protégeait les missionnaires plus par intérêt peut-être que par conviction. Yosliishige devait tarder longtemps à se faire baptiser, tyrannisé qu'il était par ses passions. Mais cette faiblesse ne l'empêchait pas de favoriser l'apostolat. « Il eût voulu retenir près de lui le Père François; du moins, en même temps qu'il faisait partir pour Goa un ambassadeur, chargé de faire an traité d'amitié etde commerce avec les Portugais,... il demandait qu'on lui envoyât des Indes quelques Pères de la Compagnie. « Ils résideront à Funaï, près de moi, disait-il, et je les favoriserai plus que ne pourront le faire tous les autres rois du Japon '. »
Ici trouve place, dans toutes les biographies de notre saint, le récit dramatique des derniers jours de Xavier au Bungo, îout entier emprunté à Mendez Pinto^. Il faut en donner au moins le résumé, car il n'est pas improbable qu'un peu de réa-
Cette traduction soulève une difficulté. Faut-il entendre par « loi de Bu'su », loi de Bouddha, comme M. Sa'OAv, ou, avec le Père Vilela, ley de fazcr santos ? Le Père Dahlraann [Stimmen aus Mariahiach, lOOii, p. 225) objecte à la traduclii n de ^L Satow que le mot Btitsu. outre le sens de Bouddha, a encore celui de a un saint » et propose de traduire « Ja doctrine du saint ». Il est invraisemblable, dit-il, que, à une époque où les missionnaires attaquaient si verte nent le bouddhisme, on ait essayé de les faire pa.<'ser pour des défenseurs do ce culte. Mais l'emploi de ce mot Bulsii, même au sens de Bouddha, n'est peut-être pas aussi étrange qu'on pourrait le croire. C'est un idolâtre qui parle, et iil se pont qu'il n'ait vu dans le christianisme qu'une secte nouvelle, quoique plus pure que les autres. Les bonzes ne cherchaient-ils pas à faire croire que Xavier et eux ado- ! aient le même Dieu?
Celle tactique sera reprise plus d'une fois. En 1561, lo Japonais Laurent nous montre îliverses sectes do Miyako proclamant que le christianisme se retrouve en leurs doctrines (Delplack, I, p. 56, 57). Dans son édit de 1614, le shogun leyasou affectera de confondre dans une mi>me proscription le christianisme, la secte Hiden et le Foujiou-fouzè, « trois branches, dit-il, d'une môme secte, adorant toutes trois le dieu Godzou-Kirishil;;n-Teidzou- Boutsou. — Doutsou, entendez Boiidiha; Kiiis/iitan, entendez le Christ (Nacaoka, p. 125-127).