‹ Saint François XavierChapitre 609 sur 820 · Gros, t. I, p. 417, note (P. Frois · texte numérisé non relu

Gros, t. I, p. 417, note (P. Frois

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venant. Il prie continuellement ou lit les saints livres; il tire de là tant de lumière sur les choses de Dieu, qu'il en apprendrait aux meilleurs théologiens. Le Père Gosme de Torrès m'assurait que, sans lui, on ne ferait rien au Japon. » « Le Japon doit au Père Xavier d'avoir reçu la foi, disait le même Père, mais au Frère Fernandez, il doit de l'avoir conservée, après le départ du saint ^ »

Il le lui devait bien, à lui aussi. Torrès était un homme doux a force de volonté, complaisant, d'une grande austérité. Au Provincial qui l'invitait à modérer ses pénitences, il répondait : « On ne fera jamais rien au Japon si l'on ne mène pas une vie plus dure dans la réalité que ne l'est en théorie eten apparence celle des bonzes. » Donc, ni viande, ni poisson, rien que du riz à l'eau et des légumes, jamais de vin; toujours pieds nus. Son paradis, affirmait-il, avait été Yamaguchi, parce que nulle part il n'avait plus souffert^.

Quand il mourra, le 20 octobre 1570, trois ans après Fernandez et après vingt ans de mission, l'Eglise du Japon comptera déjà environ 30.000 fidèles"^.

Entre le 15 et le 20 novembre 1551, Xavier quittait le Japon. Il emmenait avec lui l'ambassadeur de Yoshishige, les deux samuraï qui l'avaient suivi depuis Yamaguchi et qu'il destinait au séminaire de Goa et ses deux fidèles catéchistes, Bernard etMathieu^

Quelles étaient ses pensées en s'éloignant? Au Japon, il n'avait à peu près rien fait de ce que, à l'avance, il s'était proposé. Ses plans avaient tous été contrecarrés les uns après les autres. Au lieu d'aller droit à la capitale pour y attaquer de front l'ennemi, il avait dû attendre toute une année dans un coin perdu de l'empire. Pas de fondation à Miyako; pas même de tentative dans les grandes universités japonaises. Beaucoup moins de conversions qu'il n'avait espéré. Gependant il s'en revient plein de confiance et de joie. Il ne tardera pas à s'en

1. Cité par Baktoli, Asia, 1. VllI, n. 42; cf. Haa?, p. 227. Fernandez mourut le 26 juin 1567, à Firando.

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