Process. 1556, Malacca, n
3. Goa, n. 31. Un témoin de 1616 (n. 92) suppose que la barque resta en perdition toute la nuit. Pinto parle d'une absence de trois jours. Tursellini ajoute (liv. V, ch. 2) : « Enfin, dernière merveille vraiment incroyable. Fernand Mendès Pinto, honnête et grave Portugais, était avec François dans son voyage du Japon en Chine, et fut son compagnon de péril. Après avoir raconté tout ce qui précède, il ajoute ceci : « Tous étaient remontés sur le vaisseau. La barque était vide et amarrée; on se disposait à la hisser sur le pont, quand on cria : « Tendez la main au Père Xavier, qui est encore dans le canot. » « Mais il est sur le navire, répliqua-t-on, il y était avant votre retour. » Et les autres alors de répliquer qu'il était dans la barque avec eux, pendant la tempête, les consolant, les excitant à espérer, les dirigeant vers le navire... » Ce prodige de bilocation, lu sans doute par Tursellini dans le texte manuscrit de Pinto, en 1596, ne se retrouve pas dans l'édition des voyages publiée en 1614. De son côté, Lucena (l. IX, ch. 15), dont le récit coïncide pour le reste
La tempête passée, les voyageurs continuèrent tranquillement leur route. Vers le commencement de décembre, ils étaient à San-Ghoan, devant les côtes de Chine. Duarte da Gama devait gagner le Siam ; François fut donc obligé de changer de vaisseau. Justement son ami Diogo Pereira se trouvait là sur le sien, le Santa Croce, n'attendant pour appareiller que le bon vent. Xavier se rendit à son bord ; aussitôt le vent tourna et l'on partit ^
Durant la traversée, Xavier fit part à Pereira de ses projets sur la Chine. L'intérêt du Japon exigeait qu'on y portât l'Évangile. Or le seul moyen de pénétrer dans l'empire, c'était d'organiser une ambassade. Le vice-roi des Indes pourrait envoyer à Pékin des présents. Pereira serait chargé de les présenter ; lui-même, Xavier l'accompagnerait. Ils obtiendraient la permission de prêcher l'Evangile, feraient abroger les lois hostiles aux étrangers^, négocieraient l'élargissement des Portugais prisonniers à Canton 3. Beaux projets, mais qui montrent combien l'on connaissait peu encore le pays.
Pereira entra dans les idées de son ami. L'entreprise pouvait être pour lui une affaire excellente. Il s'offrit à revenir en Chine l'année suivante avec ce même navire qui le portait. Il ferait tous les frais de l'ambassade ^ Aussitôt arrivé à Malacca, il enverrait pour 30.000 cruzados de marchandises à ses intermédiaires des Indes. Le produit serait pour Xavier. Au Père d'obtenir du gouverneur les lettres de créance et le titre d'ambassadeur. Tout en combinant ces plans, Xavier ne cachait pas ses inquiétudes. Le projet était trop glorieux à Dieu pour que le diable ne cherchât pas à susciter des obstacles. «Vous verrez, affirmait-il, qu'il essaiera de tout arrêter. » Et il le répétait si souvent que Pereira finit par se fâcher. « Vous verrez », redisait François^.
avec ceux de Tursellini et de Pinto, ne donne pas ce détail. Mais, au procès de lOlfi, deux témoins auriculaires l'ont rapporté : Thomas André d'après « un jeune homme qui était là » (n. î)2) ; Melchior Soeino Darès d'après le bruit public (n. 96). La bulle de canonisation, qui raconte l'épisode de la barque sauvée, se tait sur l'apparition du saint.