‹ Saint François XavierChapitre 640 sur 820 · Sel. Ind. Ep., p. 97, 112; — Polango, t. I, p. 'i · texte numérisé non relu

Sel. Ind. Ep., p. 97, 112; — Polango, t. I, p. 'i

on le sent à lire la relation qui nous donne ces détails et qui fut, sinon écrite par lui, du moins rédigée sous son inspiration. Il a parcouru toutes les principautés des environs : il a trouvé les rois en guerre les uns contre les autres, il leur a prêché la paix. Sous le soleil ardent, à travers un pays agité, il est allé, deux cents lieues durant, chez le Zamorin de Calicut, chez le roi de Gochin, chez celui de Bardela, le « roi du poivre », chez d'autres encore. Tous lui ont paru prêts à abjurer l'idolâtrie, dès que le roi de Tanor se serait déclaré ^ Et ce n'est pas seulement le long de la côte malabare qu'un grand mouvement se préparait, c'était jusque dans les plaines du centre-.

Cet optimisme trahissait une grande naïveté. Ajoutons, à la décharge du recteur, que, ne sachant pas les langues malabares, il était à la merci des interprètes.

Dans l'espoir d'un prochain et facile triomphe, Gomez essaya d'amener son royal disciple à se déclarer ouvertement. Le rajah résistait : un jour même, Gomez découvrit que ce fervent néophyte sacrifiait comme devant aux idoles. Impossible de pousser la tolérance jusque-là. Pour mettre un terme à cette équivoque,Gomez eut l'idée de proposer un voyage à Goa. Là, le roi, obligé de se donner pour ce qu'il était, devrait se compromettre aux yeux de ses sujets et voisins.

Le projet ne plaisait que médiocrement au gouverneur, don Cabrai; mais l'avis de l'évêque prévalut, et le voyage fut fixé au commencement d'octobre 1549. Ce qui suit, emprunté cependant à des relations contemporaines, ressemble fort à un roman : la foule s'opposant au départ du prince et l'enfermant dans le palais; le prince s'évadant, escaladant les murs en se servant de son turban déroulé comme d'un câble, et de cornes de cerf comme de crochets, se blessant en retombant de la troisième enceinte, et gagnant à la nage le vaisseau qui l'attendait au large. Quoi qu'il en soit de ces aventures suspectes, son entrée à Goa fut un triomphe. Fanfares et sonneries de cloches, processions, banquets, tournois, cavalcades, sermons et courses de taureaux. « Il fallait, dit une lettre du temps, que les autres rois comprissent que, si l'on voulait leur conversion, ce n'était

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