‹ Saint François XavierChapitre 641 sur 820 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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l'iNDE pendant l'absence de FRANÇOIS 267

point en vue d'un intérêt temporel, puisque, pour eux, on faisait de si grandes dépenses K »

Et le résultat? Rien ne fut changé. Pusillanimité, disent les uns; simple mystification, déclarent les autres. Le roi de Tanor continua quelque temps à jouer son jeu de chrétien timide. 11 fit planter deux croix devant son palais, permit de bâtir une église, enjoignit à la basse caste des pécheurs de passer au christianisme sous peine d'être bannie, laissa aux autres la liberté de conscience, et ce fut tout^. Plus tard il se tourna même contre les Portugais et fit cause commune avec leurs ennemis de Calicut^. Or, durant ce temps, en Europe, le roi Jean III faisait lire en chaire les lettres enthousiastes de Gomez et de l'évêque, en même temps que le récit de la mort glorieuse d'Antoine Griminale. Son ambassadeur à Rome en porta la nouvelle au Pape Jules III. Juste à ce moment, on apprenait la restauration catholique en Angleterre sous la reine Marie. Ces triomphes de la foi furent célébrés par des processions, des messes solennelles, des discours d'apparat^.

Sur quoi, le Père Lucena, qui écrivait à une époque où ces belles promesses avaient abouti déjà aux réalités que l'on sait, remarque avec tristesse : « Comment s'étonner de l'inconstance d'un Malabar, quand on voit l'inconstance du peuple anglais? » Et il ajoute : « Ces nouvelles durent parvenir au Père François, quand il était au Japon ; mais pas un mot dans ses lettres n'y fait allusion. Et voici qui est plus notable. Dans les derniers temps de Jean de Castro, quand on traitait l'affaire de Tanor, puis sous Garcia de Sa qui s'y intéressait beaucoup, nous ne voyons pas que le Père ait encouragé le premier à écouter les avances du roi, ni qu'il ait offert son concours au second "\ » Xavier se défiait. Sans doute, voyant tant de gens graves, l'évêque tout le premier, prendre au sérieux cette comédie de conversion, il préféra se taire. Mais son silence en dit assez long. A côté de ce qu'il a fait, il est intéressant de noter ce qu'il n'a pas voulu ni daigné encourager.

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