‹ Saint François XavierChapitre 664 sur 820 · Seî. Ind. Ep., p · texte numérisé non relu

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ce pressentiment qu'avait Xavier de sa fin prochaine.) Souvenezvous seulement quec'estavec un grand amour que je vous écris cette lettre. Recevez-la avec l'intention pure, l'amour, la bonne volonté qui me la font écrire. Vous la montrerez au vicaire^ » Le saint ne s'était pas trompé : Rodriguez était homme à porter ces reproches. Il profita des conseils : durant deux ans, en proie aux plus vives souffrances du corps, il persévéra dans cette île, « un véritable purgatoire », disait-il. Il soutint le courage des Portugais au cours d'un siège qu'ils eurent à subir de la part des Turcs. Il ne quitta Ormuz que pour s'en aller en Ethiopie préparer les voies à une mission nouvelle, puis revint aux Indes où il travailla encore pendant huit ans^. Xavier avait dit au missionnaire d'Ormuz, avec une rudesse qui surprend : « J'en ai congédié de la Compagnie, veillez à ne pas être du nombre. » Et en effet il avait déjà dû sévir et il sévissait encore.

Lorsque, en novembre 1551, Barzée passa par Baçaim, il ne vit, ou ne voulut rien voir que d'édifiant : des labeurs, des succès, et le supérieur qui se mourait, empoisonné peut-être ob Christi causant^. La lettre par laquelle Xavier envoie le Père Nunez remplacer Melchior Gonçalez rend un autre son^. Il y a une insistance singulière dans les avis qu'il donne au nouveau recteur.

« Soyez la bonne odeur de la Compagnie, puisque ce peuple se scandalise si fort à notre sujet^... Edifiez ces gens dans la mesure de vos forces. Avec l'humilité et la prudence vous ferez beaucoup de bien... Vous serez grand prédicateur si vous êtes humble... Si vous êtes humble et prudent, l'expérience vous apprendra beaucoup de choses... Voulez-vous assurer le succès de vos prédications, exercez-vous aux ministères humbles, soit dans la prison, soit à l'hôpital. Cela amènera le public à interpréter toutes choses en bonne part^. »

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