Jbid., p
4. Entré dans la Compagnie aux Indes en 1548. Gros, 1. 1, p. 409; Sel. Ind. Ep.,loc.cU. .5. Valignano, p. 417. — Sel. Ind. Ep., p. 158-159.
faisait espérer la Chine. En le rappelant, il lui promettait le Japon. Maintenant c'est à la Chine que le Provincial destine les achats faits à Ormuz pour les églises du Japon, dais, tapis, rétables, ornements de soie, de brocard et de velours ' . Pour lui, Barzée, quand il s'entretient avec son supérieur, n'entend plus parler que des Indes. Tout le monde a reçu sa destination, lui seul n'a pas de poste. Peut-il ne pas soupçonner quelque chose? Deux ans auparavant, il avait été question de lui pour le rectorat du collège 2. François n'allait-il pas reprendre ce projet? Le recteur ne serait pas Melchior Nunez ; on venait de l'envoyer supérieur à Baçaim. Lancilotti était malade et Paul de Camerino trop timide. Barzée pouvait objecter sa santé. Le solide Flamand, qui faisait désirer à Xavier qu'on en choisît de semblables pour le Japon, résistant au moral comme au physique, était revenu d'Ormuz à bout de forces. Un Père de Goa écrivait en décembre 1552^ :
« Plus que jamais il édifie. Mais ses grands et continuels labeurs l'ont épuisé au point qu'il a une très grande difficulté à manger. Le peu qu'il absorbe, son estomac est si débile qu'il ne peut le digérer. J'omets ses douleurs de poitrine et autres infirmités considérables. 11 se plaint qu'on fasse pour lui trop de dépenses : or on ne lui donne que quelques œufs au sucre. Malade comme il est, il prêche cinq, six fois par jour; avec plus de modération qu'autrefois cependant. Ajoutez les confessions, les affaires de la maison, le service spirituel des gens du dehors ; et jugez de ce qu'il fera quand la santé lui sera revenue. Je ne dis rien de ses prières et de ses veilles, de son humilité, affabilité, charité pour les étrangers et pour ses frères, de sa dureté pour lui-même. H y a longtemps que vous lui connaissez ces vertus : elles ont grandi cependant depuis qu'il vous a quittés. Il fuit la familiarité et l'entretien des puissants et des riches. S'il est contraint de les aller voir, c'est pour des œuvres pieuses, et il ne leur parle pas d'autre chose. De là vient qu'il a toute liberté de reprendre les gens sans acception de personnes. »