‹ Saint François XavierChapitre 681 sur 820 · Ibid., n. 15 et · texte numérisé non relu

Ibid., n. 15 et

les appelait les apôtres^. Mais celte belle médaille avait son revers.

Il n'est pas vrai, comme on le disait, que Rodriguez cherchât à vivre à part, lui et sa province, indépendants du Père Ignace, sous la tutelle et avec l'aveu du roi. Le roi démentit l'allégation'^. Mais la tendance particulariste n'en était pas moins certaine. Sous prétexte qu'il était un compagnon du Père Ignace, et compagnon de la première heure, Simon se croyait des droits spéciaux. Sa province gardait des traditions locales qui rendirent malaisée la mise en vigueur des Constitutions. Les rapports avec Rome étaient rares et sommaires. Le gouvernement laissait à désirer. Le Père Simon donnait plus à la mortification extérieure qu'à la lutte contre l'amour-propre. Dans l'ardente jeunesse qu'il animait de son esprit, l'obéissance était peu estimée. Lui-même commandait peu : il préférait conseiller. Par une conséquence imprévue, mais logique, les violents efforts vers un ascétisme austère se soutenaient mal; et, des mortifications excessives, Ton passait au laisser-aller, au relâchement, à l'insubordination^. Tel était l'esprit, fait d'outrance et de laxisme, mais surtout très opposé à l'esprit de discipline qui prévalait à Rome, dont Antoine Gomez avait apporté quelque chose à Goa.

Ajoutons que Rodriguez était l'inconstance môme. Il voulait fuir la cour et s'y croyait nécessaire; vivre en ermite, et il ne pouvait s'arracher aux affaires du dehors. Un jour il écrit à Rome qu'il est décidé à partir pour les Indes, sans même demander au roi son avis : il mènera avec lui une douzaine d'étudiants de Coïmbre, et, de Goa, gagnera l'Ethiopie'. Un mois plus tard, c'est au Brésil qu'il veut aller, et le roi lui accorde un congé de trois ans\ En tout cela, il était un homme qu'il oubliait de consulter, son supérieur, le Père Ignace. S'il l'avisait de ses projets, il n'attendait pas la réponse. Le bruit de ces départs passa jusqu'aux Indes, et Xavier tressaillit de joie à la pensée de revoir son bien-aimé frère Simon. II le lui écrivait ; mais

1. Epistolae Mixtae, t. III, p. 25;— Polanco, t. II, p. 133, 134, 357, etc.

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