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par quel pressentiment mystérieux ajoutait-il : « Que ce soit avec l'autorisation et par l'ordre du Père Ignace : il est notre Père, nous lui devons obéissance ; nous ne devons pas bouger qu'il ne l'ordonne (1545)^ »? Mais tous ces projets n'étaient qu'agitation vaine. Rodriguez ne bougea pas.
Le changement du provincial s'imposait. Nous ne dirons pas les difficultés que saint Ignace trouva dans l'exécution de cette mesure. Gomme il ne voulait rien brusquer, il fallut plusieurs années pour en venir à bout. Il fit tout pour que l'éloignement du Père Simon ne ressemblât en rien à une disgrâce. 11 lui laissa le choix entre partir pour le Brésil, comme il l'avait demandé, ou aller fonder la province d'Aragon. Mais Rodriguez ne voulait ni de l'Aragon, ni du Brésil. Il se disait malade, et entendait rester en Portugal. Il priait un théologien de ses amis d'examiner si, en conscience, il était tenu d'obéir-. Cela se passait au commencemeixt de mai 1552, au moment où saint François Xavier naviguait déjà vers Malacca et la Chine,
Devançons un peu les événements. Deux mois et demi plus tard, François étant sur le point de s'embarquer de nouveau s'entretenait avec les Pères de Malacca. Tout à coup on le vit se jeter étendu sur le lit où il était assis, et il resta ainsi longtemps. Dormait-i) ? Veillait-il ? Les Pères le regardaient stupéfaits, en silence. Enfin il se souleva, prononça plusieurs fois un nom propre et ajouta : « Ah! Père un tel, que Dieu vous pardonne ! Que Dieu vous pardonne, Père un tel ! » Tous notèrent le fait et le jour pour pouvoir plus tard interpréter cette douloureuse exclamation^.
Voici ce qu'ils purent apprendre. Rodriguez regrettait sa charge de provincial. Il critiquait son successeur, faisait centre d'opposition. Ignace alors envoya l'Espagnol Michel de Torrez muni de pleins pouvoirs. Le Père Simon reçut l'ordre formel de partir pour sa nouvelle province d'Aragon, Le roi ajouta ses conseils aux ordres du Visiteur et Rodriguez s'éloigna. Torrez alors passa au crible les communautés portugaises. Tombée au chiffre de 250 ou 260 sujets par la création des