ASTRAIN, loc. cit
3. Gros, t. II, p. 306, 423, 42i, citant Seb. Gonçalvez; — Valignano, p. 152.
provinces des Indes et du Brésil, la province de Portugal, à la fin de 1552, n'en comptait plus que 105 ; le reste avait lait défection. Kodriguez lui-même, qui ne se résignait pas à son exil, faillit être congédié par le Père Ignace. Il fallait ces actes énergiques pour sauver la Compagnie en Portugal. Ces détails ne seront pas inutiles pour donner à certaines mesures de saint François Xavier leur véritable portée.
Au lendemain de cette tempête, saint Ignace tourna les yeux vers les Indes. II rappela François en Europe ^ Sa lettre ne fait aucune allusion à ce que nous venons de raconter. On s'est demandé pourtant si le saint fondateur ne comptait pas sur la présence du missionnaire en Portugal pour apaiser les conflits et cicatriser les blessures. Mais, à cette date, Xavier déjà avait reçu sa récompense. Ses frères d'Europe l'ignoraient : ils continuaient à recevoir ses lettres. Vers la fin de 1553, arriva le courrier écrit à Goa et à Cochin plus d'un an auparavant, et apporté par André Fernandez.
A ce moment, Simon Rodriguez était à Rome, insistant auprès du Père Ignace pour qu'on lui fît son procès en règle. Le saint fondateur eOit préféré ensevelir tout le passé dans l'oubli; mais Rodriguez tenait à être jugé, et un tribunal intime fut constitué. C'est au cours de la procédure que dut lui être remise la lettre si tendre et si fraternelle du grand missionnaire. Ne futelle pas pour quelque chose dans l'humilité avec laquelle il accepta la sentence de ses juges ''^?
Les événements de Portugal avaient eu leur contre-coup jusque dans les Indes, où la majorité des missionnaires avait eu Simon Rodriguez pour supérieur. Et, lorsqu'on voit ce dernier menacé d'expulsion par saint Ignace, pour ne pas accepter assez humblement sa disgrâce, s'étonnera-t-on que, de son côté, Xavier en soit venu à faire signifier au Père Goniez que les lieas étaient rompus entre son ordre et lui?
La mesure qui l'avait exilé dans la forteresse lointaine de Diu était-elle un suprême appel à la conscience du Père, ou cachait-