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Mon. Jav., p

DON ALVARO HE ATaÏDE 325

de briser l'obstination de don Alvaro, prit avec lui 1' « auditeur général » François Alvarez, et, tous trois, allèrent livrer une dernière bataille, lis emportaient avec eux les provisions du vice-roi et ses lettres à l'empereur de Chine. Quand ils se lurent assis, le vicaire s'acquitta, et fort bien, de sa mission, montrant quel péché commettait le capitan, comment il encourait la censure fulminée par les canons. Sur quoi il l'avertissait comme pasteur, il le priait comme ami, il le suppliait comme serviteur, de ne pas le contraindre à déclarer l'excommunication, car alors il ne pourrait plus rien faire en sa faveur, et l'on n'aurait pas de peine à trouver qui gouvernerait à sa place. L'auditeur, voyant alors le peu de cas que don Alvaro faisait de la censure ecclésiastique, produisit les provisions du vice-roi, et, pour la seconde fois, lui notifia le cas majeur (de lèse-majesté) qu'il allait encourir. Là-dessus Ataïde bondit de sa chaise, lança un crachat à terre, l'écrapa du pied et cria : « Les provisions du roi, je m'en soucie comme de cela ! » Ce détail, ajoute le Père de Sousa, se lit dans une lettre du Père François Perez. Puis, d'une voix tonnante, si forte que, par les fenêtres ouvertes, on l'entendit jusque dans la rue, il se mit à calomnier le saint, ce pervers, cet hypocrite, faussaire de lettres apostoliques. Du maître, la fureur passa aux valets. Toute la domesticité du capilào môren vint à ce point d'insolence, au rapport de témoins oculaires, que le saint ne pouvait plus sortir de chez lui sans rencontrer quelque troupe de vauriens qui l'accompagnaient de paroles et de gestes, comme on n'oserait en adresser au pire homme du monde ; car c'est ainsi qu'Alvaro désignait le Père. Lui-même, Xavier confessait à Francisco Perez que, depuis dix ans qu'il était aux Indes, jamais il n'avait rencontré persécution semblable, pas même chez les sauvages et les idolâtres^ . »

A toutes les insultes, il se contentait de répondre : « Dieu soit béni. » Mais le moment vint où il lui fut impossible de paraître en ville. Sa consolation était de passer les nuits prosterné devant l'image de Notre-Dame dans son église, et parfois les veilleurs le trouvaient ainsi étendu sur les degrés de l'autel.

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