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Le matin, il disait la messe pour don Alvaro : c'était sa vengeance. Les honnêtes gens souffraient de ce conflit honteux, mais, par crainte du maître, ils se taisaient. Seul parfois, le vicaire allait, au nom du saint, faire quelque nouvelle tentative : il n'obtenait qu'une réponse : « Qu'il me montre les lettres du pape ^ ! »
Que faire maintenant? L'ambassade entravée, remise à une date inconnue, impossible peut-être, de quel côté allait se tourner l'apôtre ? Il était absolument décidé à tout tenter pour pénétrer en Chine. Pourrait-il s'y faire écouter? parviendrait-il à délivrer les Portugais prisonniers? à recueillir dans ce pays inhospitalier autre chose que le martyre ? Mais il irait à la grâce de Dieu. Loin de briser son courage, la persécution l'avait exalté^.
Cependant le capitan achevait son œuvre. La mission de Pereira était arrêtée. L'embargo était mis sur le Santa Croce. Alvaro lui donnait un équipage de son choix sous le commandement d'un nommé Alphonse de Rojes ^. On lui laissait cependantson pilote Françoisde Aguiar-'.Lecapitaine s'appelait Louis d'Almeida^. Ces mesures arbitraires n'allaient pas sans causer à Pereira et à ses associés des préjudices graves. « Je vous ai ruinés, lui écrivait Xavier, vous et les vôtres, et ceuxquiallaient en votre compagnie. Je vous ai ruiné, seigneur, en vous faisant dépenser quatre ou cinq mille pardàos, pour les présents destinés au roi de Chine, sans compter (l'argent déboursé pour) le vaisseau, et toute votre cargaison ^ » Il ne fut pas interdit cependant au propriétaire du Santa Croce d'envoyer, sur son propre navire, des courtiers pour faire en son nom quelques affaires en Chine, et, sans doute, y vendre les marchandises apportées des îles de la Sonde. Mais lui, devait rester à Malacca. Quant à Xavier, on le laissait libre de s'embarquer sur le vaisseau de son ami. Pereira fit preuve en cette circonstance d'une générosité digne d'un homme que François aimait. Il ordonna