Process. 1556, Cochin, n. 6 et
3. Mon. Xav., p. 757-758. On lit dans Poi.anco (t. IV. p. fi45), que Pereira fut jeté en prison par Alvaro. Si le fait est exact, ce fut après le départ de Xavier. Mais on ne trouve rien de semblable dans les documents du temps, ni dans les biographies.
/*. LUCENA, 1. X, ch. 16.
328 LA MISSlo^' de chi>e. la mort
aux Indes pourvoir aux besoins de sa mission. François descendit à terre pour prendre des nouvelles et s'entretenir avec le vaillant apôtre . Voici quelques-uns des faits qui lui furent racontés.
Ternate, où Jean de Beira faisait sa résidence habituelle, restait franchement chrétienne. Il j rencontrait tant de consolations qu'il en tremblait. Dieu ne le condamnerait-il pas pour ingratitude^ ? iVilleurs les missionnaires avaient à souffrir. Par tout l'archipel régnait une sourde fermentation, grosse de menaces. Gomme par le passé, les marchands portugais, en faisant leur négoce, semaient d'île en île des germes de christianisme. Mais, eux aussi, les marchands musulmans de Ternate, de Tidor, de Gilolo, propageaient leur religion. Si l'Evangile faisait quelques progrès, le Coran n'en faisait pas moins, et il avait un siècle d'avance. Humainement parlant, la lutte était inégale, et les missionnaires écrivaient que, si tous les Pères occupés aux Indes venaient aux Moluques, ils seraient encore débordés par le travail'^. De tous les côtés, la persécution sévissait. A Ternate, sous le canon portugais, le sultan Aério s'en tenait aux tracasseries. Ailleurs il attisait la haine du christianisme^. Dans l'île d'Amboine, le Père Nuno Ribeiro avait failli un jour être brûlé dans sa paillotte parles Mores. Il s'était sauvé en barque, avait été jeté par une tempête sur un rocher où des indigènes l'avaient recueilli trois jours après. Le 15 août 1549, disant la messe, une messe basse, l'idée lui vint de chanter le Gloria. Etait-ce un pressentiment ? Peu après, il se sentait empoisonné. Alors, il se fit mettre dans un drap, et, pendant six jours, ses chrétiens le portèrent de village en village, donnant ses derniers conseils. Puis il mourut, après seulement dix-huit mois de travail. Personne ne l'avaitencore remplacée
Aux îles du More, la lutte avec les musulmans fut acharnée. Les indigènes reconquis sur l'apostasie par Xavier étaient continuellement sollicités ou menacés par les sultans de Tidor et de Gilolo \ Les vaisseaux portugais ne parais-