Do Couto, ch. 13, p
Jésus-Christ, dont la gloire va tous les jours se propageant en ces îles. La folie mahoniétane perd du terrain. Nous ne cessons de recevoir des ambassades : on veut embrasser la foi du Christ; on a pour motifs les miracles que j'ai racontés. Il y en aqui habitent unerégion très éloignée partagée en quatre royaumes, parlant la même langue; bon climat, sol fertile, pas de musulmans... Daigne le Seigneur Dieu leur envoyer sa vraie lumière ^ «
Tels sont les faits qui motivaient le voyage de Jean de Beira et qu'en juillet 1552 il racontait à son supérieur. C'était comme l'épilogue de la courte mission que lui-même, cinq ans auparavant, Xavier avait donnée en ces pays lointains. Les indigènes étaient plus inconstants encore et les Maures plus redoutables qu'on ne croyait. Contre ces derniers, il fallait, de la part des Portugais, un appui plus efficace ; aux aulres, un nombre moins restreint de missionnaires. L'heure était favorable à l'apostolat :1a défaite du principal persécuteur, le roi deCilolo, pouvait ouvrir une ère nouvelle. Il importait d'en profiter.
Xavier approuva le voyage du Père : mais il lui recommanda de ne pas s'attarder aux Indes et de revenir à son poste par le prochain vaisseau des Moluques. Il pouvait emmener des Pères, et Barzée était averti de lui fournir, en hommes, tous les secours possibles, A défaut de prêtres, des frères pouvaient suffire, la science n'étant pas nécessaire avec les sauvages: « En ces pays, disait le saint, des frères font presque autant que des prêtres et parfois plus parce qu'ils sont plus humbles et plus pacifiques-. »
lY. — Le départ.
Les deux apôtres n'eurent pas le temps de prolonger beaucoup leurs entretiens, car l'heure du départ avait sonné. Le Santa Croce allait mettre à la voile. Xavier sortit alors de la solitude oi^i il s'était enfermé sur le vaisseau. Il eut avec Diogo Pereira quelques entrevues. L'armateur (c'est de lui-même que
1. Epiit. Louvain, 1556, p. 173-174. Cette région éloignée n'est-elle pas Célèbes avec la péninsule de Menado?