‹ Saint François XavierChapitre 704 sur 820 · Mon. Xav., p. 7G · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p. 7G

332 LA MiSSinx DE CHINE. LA MOUT

nous le tenons*) avait ordonné à ses gens de veiller à ce que le Père ne manquât de rien. Il lui assignait près du timon une cabine qu'il devait partager avec le commis du marchand, Gaspard Mendezde Vasconcellos. Xavier demanda qu'on remplaçât cet homme par un autre mieux portant. Vasconcellos n'était pas malade : mais, comme le Père insistait, on lui substitua un nommé Thomas Escandel. Trois ou quatre jours après le départ de Xavier, Vasconcellos mourait.

François ne voulait pas quitter son ami sans lui laisser un gage suprême de sa reconnaissance, et comme une compensation pour les déboires des derniers jours. 11 lui prédit que jamais ni lui ni ses enfants ne manqueraient du nécessaire. Il fut attesté au procès de canonisation que la prédiction s'était réalisée. Dominique Cardoso disait en 1616 : « J'ai ouï racontera François Pereira, fils de Diogo... qu'il vivait à Goa avec sa femme, réduits à une telle gêne, qu'ils n'avaient rien à manger. Passa près de sa maison un enfant qui vendait des comestibles. 11 l'appela, et lui proposa, en échange de quelques vivres, un habit de sa femme, car il n'avait pas un sou. L'enfant refusa l'habit, mais lui donna tout ce qu'il voulut de sa marchandise, et cela, joyeusement, de bonne grâce, disant qu'il avait confiance en eux et qu'ils le paieraient quand ils pourraient. 11 ne voulait que leur rendre service. Puis il s'éloigna, joyeux toujours et ne revint pas. On le chercha partout, sans pouvoir le retrouver. Pereira tenait le fait pour miraculeux : c'était la promesse du Père François qui s'accomplissait 2. »

Xavier visita ensuite don Pedro de Silva, et en reçut un dernier service. Des marchands lui avaient prêté 300 cruzados pour l'église de Yamaguchi. Grâce au capitan démissionnaire, il put les rembourser.

Silva voulait donner la somme en simple aumône. Mais Xavier trouva qu'on avait déjà trop souffert à son occasion. II refusa l'aumône et accepta le prêt. Tout de suite il en écrivit à Barzée : il tenait à ce que le capitan rentrât dans ses fonds au plus tôt. Il ne fallait pas attendre qu'il présentât sa créance.

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