Procès». 46iG, n. 28. Variantes dans Cros, p
DON ALVAHO DK ATAÏUK 333
« Le moindre retard, disait le saint, me peinerait vivement, et il ajoutait : « Plût à Dieu que don Pierre de Silva fût en ce moment le gouverneur de Malacca. Il m'eût bien différemment embarqué pour la Chine. Quand il était en charge, il m'a si fort aidé aux choses du service de Dieu, que jamais, depuis ma venue aux Indes, je n'avais trouvé protection semblable'. »
La dernière visite du saint futpour ses frères. Il revit François Perez qui, tombé malade en soignant les victimes de l'épidémie, se croyait à la mort et eût bien voulu expirer entre ses bras. Xavier lui déclara qu'il avait encore longtemps à travailler^. C'est au cours de ces derniers entreliens, la veille du départ, qu'eut lieu la scène douloureuse dont nous avons parlé plus haut, quand il eut révélation des troubles qui agitaient la province de Portugal.
Sur le port, au moment de s'embarquer, il disait à ses amis de Malacca, comme naguère à ceux des Indes : « Tâchons de nous revoir au ciel, car ici-bas nous ne nous rencontrerons plus. . . Vivez en paix : vous ne me verrez plus que dans la vallée de Josaphat''. » Survint le vicaire de la ville, don Jean Soarez. Il demanda au Père de ne pas s'éloigner sans avoir été saluer don Alvaro. Il ne fallait pas scandaliser les faibles. Xavier répondit : « Don Alvaro ne me verra plus en cette vie. Je l'attends au tribunal de Dieu, où il devra rendre compte de ce qu'il vient de faire. » Il passait alors devant la grande église qui était sur le port, il s'arrêta. Les bras en croix, il pria tout haut pour son persécuteur, dont la maison ne devait pas être loin. Il sanglottait au point de pouvoir à peine parler. Tombant alors à genoux, il resta un instant sans rien dire. Puis il se leva, ôta ses chaussures, les secoua contre une borne, et, au milieu du silence de tous, monta en barque et s'éloigna^.
Le Santa Croce fît escale à Singapour. De là, quelques
1. Mon. Xav., p. 764. Le Père de Sousa (t. I, p. 602) déclare avoir consulté le livre des comptes de la maison de Goa ; il put constater que la dette avait été payée exactement.
2. Sousa, I, p. 601; — Bartoli, 1. IV, n. \'v\ — Saccjiim, H'ut. Soc. Jeau, 1. VIF, n. 127. Ferez mourut vingt-sept ans «près Xavier.