Process. IGIO, n
3. Xavier parle de lui, dans une lettre de décembre 1551 (Mon. Xav., p. 6GG).
enquêteurs de 1616 : « Au cours du voyage, un calme nous arrêta et l'eau douce fit défaut. Depuis trois jours on ne préparait plus d'aliments bouillis. Une barque, envoyée à l'aiguade dans une île, n'avait pu abordera II s'élevait de grandes clameurs sur le vaisseau : tout le monde gémissait et criait. A ce bruit, le saint Père sortit de sa cabine et demanda ce que c'était. On lui répondit : «Nous allons mourir, faute d'eau! » Mais lui, le visage serein, joyeux, répondit : nBom Deos ! Bom Deos! ^on, nous ne mourrons pas! » Gomme le capitaine m'avait donné charge de dépensier, le saint Père me dit de faire approcher la chaloupe contre le vaisseau. Quand elle y fut, le Père rentrant dans sa cabine, y prit un livre de prières, et, ce livre en main, il descendit du bateau. Arrivé là, il essaya de mettre un pied dans l'eau ; mais n'y atteignant pas, il se fit aider et y trempa les orteils. Après quoi il ordonna à un garçon qui le servait de goûter l'eau. Le garçon la trouva salée. Le saint Père alors trempa la jambe dans la mer, jusqu'au genou, et ordonna au garçon de goûter l'eau : il la trouva très douce. Et on vit bien mieux, dans la suite, quel grand miracle Dieu avait fait par les mérites du saint Père, puisque, pendant le reste du voyage, tout l'équipage et tous les passagers profitèrent de la grande provision que l'on fit de cette eau. » Ce prodige dut faire quelque bruit en Orient car il est raconté, avec des variantes, par plusieurs autres témoins^.
Enfin le navire arriva en vue des côtes de Chine. « L'on avait jeté l'ancre, raconte le Chinois Antoine. Mais le pilote ne savait où il ClRit. Avions-nous dépassé le port, fallait-il pousser plus avant? ni le pilote, ni aucun des passagers ne pouvait le dire. Alors Maître François déclara que le port était dépassé, et qu'il fallait rebrousser chemin. Nul ne voulait le croire, mais comme il insistait, le capitaine décida qu'il enverrait une barque à la
\. Ce détail est pris à la version latine que nous avons sous les yeux (Process, 1G16, n. lOfi). Pour le reste, nous suivons le Père Gros, p. 408. Le fait est consigné dans la bulle de canonisation.
2. Procesn. 461C>^ n. 1, Dom. Caldeiro,98 ans, ancien Domestique de Xavier en Chine; — n. 'i, Isabelle Marcona, Chinoise, veuve, 80 ans, qui avait connu Xavier en Chine; — n. 1(), Fulgence Aloysio, Portugais; — n. 19, le Dominicain .loseph de la Nativité, qui tenait le fait de son père: — n. 105, Christophe Semedo, Portugais.
Notons une erreur du témoin Caldeiro. Il parle d'un calme de 14 jours. Ce chififre se concilie mal avec ce que dit le Chinois Antoine de la rapidité de voyage (Gros, II, 343).
découverte. Trois jours après elle revint, apportant des vivres frais. San-choan où nous allions était derrière nous, comme l'avait dit Maître François. Et ainsi, joyeux de la bonne traversée que Dieu nous avait donnée, nous revînmes en arrière jusqu'au port^ »