‹ Saint François XavierChapitre 712 sur 820 · Berton, loc. cit · texte numérisé non relu

Berton, loc. cit

sent fermer les yeux sur ce qui s'y passait, assez près aussi pour qu'ils pussent en profiter en y faisant eux-mêmes le commerce, San-choan offrait aux Portugais, exclus de Chine, un lieu de rendez-vous commode. Ils pouvaient s'abriter, contre les tempêtes du large, entre l'île et la côte, et gagner la haute mer à la première alerte. Les jonques y apportaient soieries, laques, porcelaines, et se chargeaient, d'épices, d'étoffes, de tapis de l'Inde ou des Moluques. Mais impossible d'avoir un établissement fixe. Les Portugais restaient à l'ancre : tout au plus ils se construisaient sur le rivage de l'île de légers abris provisoires, puis se retiraient sans laisser trace durable. A plus forte raison, était-il impossible de descendre sur le continent. Il y allait de la vie ou de la liberté. Peu auparavant un navire portugais, jeté à la côte par la tempête, avait été confisqué avec la cargaison, et l'équipage mis aux fers ^

Lorsque le Santa Croce entra dans les eaux de San-choan, un certain nombre d'autres voiliers portugais s'y trouvaient déjà. Les marchands saluèrent avec joie l'arrivée du Père François et mirent à sa disposition leurs paillottes de la côte. Il choisit celle de Georges Alvrez, « son grand ami^ ». Les autres se firent une joie de construire aux flancs de la colline une petite chapelle en ramée pour qu'il pût y dire la messe, confesser et instruire les enfants et les esclaves^.

Parmis les Européens se trouvait un Manuel de Ghaves, échappé aux geôles de Ganton, et qui attendait l'heure de retourner aux Indes^.

Xavier put se renseigner sur ce qu'étaient les prisons chinoises où agonisaient tant de Portugais. En 1555, le Père Melchior Nunez vit un de ces captifs, un gentilhomme nommé Mathieu de Britto. Il le trouva défiguré, abattu, tête et pieds nus, les menottes aux mains, les fers aux pieds, une planche sur la poitrine avficl'indicationdudélit. C'était l'accoutrementdescondam-

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