Gros, p
à la lettre les formules de politesse dont les célestiaux sont prodigues? « Ils avouent, continue-t-il, et cette phrase montre qu'il ne s'interdisait pas de leur parler de religion, ils avouent que la loi de nos livres est meilleure que la leur. Peut-être n'estce là qu'un amour de la nouveauté. Ils sont donc très satisfaits, mais aucun ne veut se charger de nous porter, à cause des périls qu'ils pourraient courir ^ »
11 ajoutait : « Je sais de source certaine que le roi de Chine a envoyé en une contrée, hors du royaume, quelques personnes pour savoir comment on s'y gouverne, et quelles en sont les lois. D'où nos A'e7z/io/-e^ d'ici (des notables chinois peut-être), concluent que le roi ne pourra que se réjouir de nous voir porter une loi nouvelle en son pays^. » 11 notait encore que, si les magistrats chinois étaient impitoyables, et, pour des peccadilles, faisaient mourirles gens à coups de fouet, cependant la race avait des qualités sérieuses, le gouvernement était sage, la paix régnait dans les provinces, et tout cela lui donnait confiance^.
En attendant que son espoir se réalisât, et qu'on voulût bien le déposer sur cette côte de Chine, dont il apercevait distinctement, à quelques lieues à peine, les découpures, les hauteurs et les grèves de sable, il s'occupait à faire un peu de bien aux Portugais, catéchisait leurs esclaves et leurs enfants. 11 les visitait sur leurs navires, tranchait les différends, apaisait les querelles, confessait, assistait les mourants, recueillait des aumônes''. Comme toujours, cet apostolat était mêlé de faits plus ou moins extraordinaires. ^
Un jour il parle d'un conflit qui vient d'éclater à Malacca entre don Alvaro et don Bernardin de Sousa. Cette fois encore Xecapitào /«or veut montrer qu'il est le maître, il metl'embargo sur les navires, enlève les gouvernails, etprétexte des menaces
"1. Mon.Xav., p. 795. L'empereur Chi-Tsong II, prince sage, disent les annales chinoises, lisait de ses yeux les requêtes à lui présentées, se faisait docilement avertir de ses fautes, aimait à s'instruire, un peu trop crédule seulement aux rêveries superstitieuses de ses bonzes. Du Halde, Description de la Chine, t. I, p. 454; — de Mailla, Ilist. gén. de la Chine, t. X.