Mon. Xav., p
bilise à Malacca. Qu'il aille à Gochin remplacer le Père de Eredia, lequel ira au Japon. Cet abandon est provisoire. Église, collège, mobilier seront confiés au prêtre Vincent Vegas, en prévision de jours meilleurs ^ Ensuite, bien au delà de Malacca le cœur de Xavier va retrouver celui qu'il a laissé derrière lui portant tout le poids de la mission, le Père Barzée : « Je vous écris à la hâte, lui dit-il, sans trop savoir où je vais. » Ce qu'il lui mande, c'est ce qu'il a dit et répété tant de fois, la nécessité d'être humble. « Considérez, non le bien que Dieu fait par vous, mais celui qu'il ferait si vous n'y mettiez pas d'obstacle. . . » Humilité et concorde : « Visitez de ma part les Pères de saint François et de saint Dominique. Qu'ils prient pour moi. » Sévérité dans le choix des sujets. Rigueur à exclure ceux qui feraient quelque scandale -.
Ces lettres sont datées du 22 et du 25 octobre. La jonque qui les emportait, remmenait aussi le seul compagnon européen que le Père eût gardé près de lui, le Frère Alvaro Fereira^. Ce jeune homme, bon par ailleurs, est de santé trop faible. Il ne reste plus auprès du saint, pour le suivre en Chine, que le Malabar Christophe et le Chinois Antoine. Mais, au sujet de ce dernier, Xavier a fait une constatation désagréable. Le brave enfant a si bien profité des leçons reçues à Goa qu'il en a presque oublié sa langue maternelle'. 11 faut un autre interprète. Un certain Pierre Lopez, naguère esclave à Malacca, un Chinois sans doute, s'est présenté. 11 semble remplir les conditions voulues. Mais voilà qu'il prend peur et s'éloigne ^.
Qu'importe? «Nous allons avec l'aide de Dieu... Priez beaucoup pour nous, car nous courons grand risque de la prison. Mais nous nous consolons d'avance, en pensant qu'il est plus profitable d'être prisonnier pour le seul amour de Dieu que libre en fuyant les labeurs de la croix^. »
Quinze jours ont passé depuis ses dernières lettres, Xavier
1. p. 781, 786 (n. 9); 7%, 799 (n. fi); 920 (n. 21 à 33) ; — Polanco, II, p. 488.