‹ Saint François XavierChapitre 724 sur 820 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

(27 novembre 1552)

Les traditions locales du château de Xavier racontent que, vers ce temps-là, dans la sombre petite chapelle du castillo, se passait un fait étrange. Depuis quelque temps déjà, le vieux crucifix, devant lequel François enfant avait balbutié ses premières prières, à de certains jours, se couvrait de sueurs. Or, à Xavier, l'on n'était pas sans avoir des nouvelles de l'absent. Ses labeurs étaient connus en Espagne, ses lettres lues à la cour^ A Goïmbre, le Doctor Navarrus était bien placé pour entendre parler de son cousin*^. Déjà, dans sa parenté, le saint avait trouvé un émule de son zèle, le Père Jean d'Azpilcuela, un des premiers apôtres du Brésil 3. Quelques échos des bruits qui circulaient à Lisbonne et à Madrid parvinrent certainement jusqu'en Navarre. Lorsqu'on put comparer les dates, on crut constater que les sueurs merveilleuses s'étaient produites précisément aux périodes où le missionnaire avait eu le plus à travailler. Mais, cette année 1552, le prodige avait eu lieu tous les vendredis, et l'on s'attendait à la mort du Père François. Voilà du moins ce qui se racontait à Xavier vers la fin du xvi^ siècle^.

Pour lui, François avait le pressentiment très net de sa fin prochaine. II est vrai qu'il avertissait le Père Barzée de ne pas le

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