‹ Saint François XavierChapitre 728 sur 820 · Bœmef, Les Jf suites, trad. Monod, p · texte numérisé non relu

Bœmef, Les Jf suites, trad. Monod, p

}. Par exemple, Bœmek, p. 149. « Il ne s'occupe pas de conversions individuelles, il

Il n'est guère qu'un point que nous puissions concéder aux critiques. Xavier a eu un défaut, qui était la rançon de ses qualités : il a vraiment abusé de lui-même. 11 lui a suffi de dix ans pour accomplir ses grandioses entreprises, mais aussi pour ruiner ses forces. L'on conçoit que ses amis de Goa l'eussent voulu plus prudent, d'un zèle moins enflammé, d'un courage plus circonspect. Mais quoi? s'il eût été ce qu'ils rêvaient, l'eussent-ils autant aimé ?

A son retour du Japon, il déclarait ne s'être jamais mieux porté, bien que ses cheveux eussent, les dernières années, complètement blanchi. Mais sommes-nous forcés de l'en croire sur parole ? Ne prenait-il pas pour vigueur corporelle l'élan irrésistible que la flamme intérieure donnait encore à son organisme, usé avant le temps ? Depuis dix ans, sa vie n'avait été que labeurs. Il avait passé sans transition d'un climat à l'autre, des ardeurs étouffantes des Indes ou des Moluques, aux hivers glacés du Japon, toujours aussi légèrement vêtu, aussi mal nourri, toujours en éveil, ne s'accordant que le minimum de repos, ne dormant que vaincu par la fatigue, toujours prêchant, confessant, causant, priant, courant; n'ayant de relâche que le temps des traversées, et alors passant par d'effroyables tempêtes. Sur la fin, les souffrances morales achevèrent l'œuvre des fatigues physiques. Ce qui l'avait longtemps soutenu, c'était la perspective prochaine de grands fruits à opérer dans les régions nouvelles. 11 allait à la Pêcherie, aux Moluques, au Japon, invinciblement attiré par une force qui n'était pas de la terre, avec l'espoir de beaucoup souffrir, et aussi de beaucoup avancer la gloire de Dieu. Pendant un temps, le même genre d'attraits l'avait fait regarder vers la Chine. Tout à coup, des

s adresse aux masses. » Et les Japonais? — « Sa préoccupation est encoio plus d'arracher les âmes à l'enfer que de les gagner pour le ciel. » Comme si les deux choses ne s'identifiaient pas ! — « Ce qui est bien aussi du Moyen-Age, c'est le peu de répugnance avec lequel il réclame l'assislanco des forces coercitives de l'Etiit en faveur de la mission. Il demande que le roi de Portugal destitue et même punisse de confiscation et d'un emprisonnement prolongé les fonctionnaires coloniaux qui ne se prêtent pas à tous les désirs des missionnaires pour contribuer à la propagation de la foi. Il exige que le vice-roi mette à la raison par les armes des princes hindous mal disposés pour le Christianisme, mcme si, au point de vue politique, il n'a rien à leur reprocher. Il va même jusqu'à conseiller de faire croiser la flotte portugaise sur les côtes de l'Arabie, de menacer la Mecque et d'anéantir le prestige de l'Islam dans VAsie méridionale. » On peut mettre au défi M. Bœmcr de prouver par des textes les affirmations que nous soulignons.

obstacles insurmontables surgissent. Il est évident maintenant qu'il marche à un échec. La volonté de Dieu persiste cependant a le pousser : mais, à l'horizon, plus de conquête probable. Il fera tout, et jusqu'à l'impossible, pour ne pas manquer à la grâce. Mais quoi d'étonnant si, alors, certains stimulants faisant défaut, la pauvre nature a défailli? Le corps, — nous ne parlons pas de l'âme, — était à bout de forces.

Un premier avertissement avait été ce long accès de fièvre qui avait duré quinze jours. Maintenant, à deux pas de la Chine, seul sur le rivage de San-choan, n'ayant près de lui qu'un Chinois et un Malabar, François Xavier est enfin arrivé au soir de sa vie; il va mourir.

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