‹ Saint François XavierChapitre 729 sur 820 · II. — La chronique des derniers Jours · texte numérisé non relu

II. — La chronique des derniers Jours

Le Santa Croce était toujours en rade. Il y avait là quelques marchands n'ayant pas encore achevé leurs affaires ; tel et tel pouvait compter parmi les amis du saint. Le pilote, François de Aguiar, en était aussi. Le reste de l'équipage, nous le connaissons en gros. II avait été choisi exprès par don Alvaro de Ataïde. Ce n'est pas les calomnier que de supposer aux subalternes quelque chose des dispositions du Maître. II est vrai, dans les lettres du saint, on chercherait en vain la moindre plainte à leur égard. Silence qui prouve surtout sa discrétion. Le Chinois Antoine n'est pas moins réservé. Par ailleurs, on prête à un homme, bien placé pour savoir certains secrets, le vice-roi Alphonse de Noronha, la parole suivante : « Ataïde a tué deux fois Maître François, à Malacca par lui-même, à San-choan par les siens '. »

Pour tuer le missionnaire, il n'était pas nécessaire de lui faire violence. Dans l'état d'épuisement où il se trouvait, il suflisait presque de ne pas s'occuper de lui, et nous ne voyons pas que les gens du vaisseau aient fait autre chose. Ils laissaient le saint à ses projets, disposés, nous le croyons volontiers, à lui venir en aide, s'il le demandait, mais allant peu au-devant de ses besoins. Après tout, n'était-il pas sur le point de disparaître ? Dans un jour ou deux il serait au terme de ses désirs, à Canton.

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