‹ Saint François XavierChapitre 755 sur 820 · I. — Au lendemain du triomphe · texte numérisé non relu

I. — Au lendemain du triomphe

Que le Père Maître François dût un jour être mis sur les autels, personne n'en doutait à Goa, même de son vivant. Ses collaborateurs, dans leurs lettres pleines de prudentes réticences, ne se privaient pas de le comparer aux saints du temps passé. Un jour, sur le bruit de sa mort, les Goanais parlèrent immédiatement de le faire canoniser. Au cours même du triomphe que nous venons de raconter, le vice-roi, d'accord avecle vicaire général, voulut provoquer une enquête et dresser procès-verbal des événements du jour. Par malheur, Jean d'Albuquerque n'était plus là. En dépit des efforts de François pour maintenir la concorde entre les ouvriers de Dieu, l'entente n'était pas toujours parfaite de maison à maison ou d'église à église. Bref, sur nous ne savons quelles plaintes parties du couvent des Frères Prêcheurs, Penquête n'eut pas lieu, et le Père Melchior Nunez ne jugea pas à propos d'insister ^

Cependant il y avait un miracle facile à constater. Depuis seize mois, la mort avait eu le temps de faire, sur le corps de François, son œuvre de décomposition. Il était resté deux mois et demi dans la chaux, puis cinq mois dans une fosse quelconque, en contact avec le roc, puis huit mois presque à l'air libre, à peine protégé contre la chaleur humide par un drap et une planche. Cependant il gardait sa flexibilité et sa fraîcheur. Le sang coulait des blessures, involontaires ou non, qu'on lui faisait. Cela, tout un peuple l'avait vu.

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