PoLANco, t. IV, p. 648; — VI, p
vraies missions, au Travancore, à la Pêcherie, aux Moluques, au Japon.
Peu à peu, les ouvriers se multipliant, le champ de travail s'élargit, au point qu'il fallut démembrer la province des Indes, En 1610, on sépara de la province de Goa celle du Malabar ; en 1612, celle du Japon; en 1618, la vice-province de Chine. Goa comptait maintenant trois maisons : le vieux collège avec le noviciat, le collège nouveau avec les classes et le séminaire, et la maison professe dit le Bom Jésus K De nouvelles missions avaient été ouvertes. Aux environs de Goa, les Jésuites étaient spécialement chargés d'évangéliser l'île de Salcette, tandis que les Franciscains et les Dominicains s'occupaient d'une autre partie de la banlieue^. En 1579, fut inaugurée la mission du Grand-Mogol, définitivement organisée un peu plus tard par un cousin de notre saint, le Père Jérôme Xavier 3. Goa servait encore de centre aux héroïques missions du Mozambique où Gonzalve de Silveira mourut en 1561, protomartyr de l'Afrique australe^. Puis s'ouvrirent les missions d'Ethiopie tour à tour triomphantes et désolées.
La province du Malabar avait pour centre Cochin. Les deux missions du Travancore et de la Pêcherie s'y développaient lentement, moins par les conversions que par les naissances, emprisonnées qu'elles étaient dans le régime de castes. Mais en 1608, Robert de Nobili inaugurait ce fameux système d'apostolat qui devait être un signe de contradiction parmi lesmissionnaires, accepté d'abord par Grégoire XV, interdit plus tard par Clément Xll, et auquel, en fin de compte, le sud de l'Inde doit de compter aujourd'hui plus d'un demi-million de catholiques^.
A ces missions devaient bientôt s'ajouter celles du Pégu, de
1. En 1580, les Pères avaient organisé le sanatorium de Saint-Roch, sur la colline du Rosaire, à l'ouest, et y avaient transféré le noviciat. En 1586, ils avaient fondé la maison professe. En IfilS, les novices retournèrent au vieux collège, et furent remplacés à Saint- Roch par les classes et le séminaire. Peu à peu le vieux Saint-Paul fut abandonné à cause de l'insalubrité du quartier. A la fin de xvii* siècle, il n'y avait plus que des ruines, et, à côté, le catéchuménat avec deux Pères.
2. PoLANco, V, GGO; — Z)jV. ^r/»t(l558), fol. 214, v. (lettre du P. de Quadros, 6 déc. 1555).
3. Jérôme de Ezpeleta, petit-fils de Anne de Jassu, sœur de François. Par dévotion pour son oncle, il se faisait appeler Jérôme Xavier (Ckos, t. I, p. 133, 134).