‹ Saint François XavierChapitre 77 sur 820 · Mon. Xai., p. 209, 'JIO · texte numérisé non relu

Mon. Xai., p. 209, 'JIO

ô. De ce courrier, il nous reste la lettre destinée au frère du saint fondateur, Beltran, par le château duquel les voyag^eurs devaient passer. Elle est datée du 20 mars {Ep. .S. [gn., t. I, p. 155).

elles, Dieu saitquelle joie et quelle consolation. Ainsi donc, c'est tantiim par lettres que désormais nous nous verrons en cette vie, j'en ai peur : dans l'autre seulement facie ad fdciem, et avec combien d'embrassements ! Tant que durera ce qui nous reste delà vie présente, visitons-nous souvent par lettres. Ainsi ferai-je. »

Puis Xavier rend compte de l'audience très bienveillante que lui a donnée le légat du pape ; il détaille les attentions de l'ambassadeur à son égard, et il termine en faisant dire à une pauvre mère qu'il a laissée à Rome, en deuil de son fils assassiné dans des circonstances que nous ignorons : « A madona Faustina Ancolina \ présentez mes respects. Dites-lui que j'ai célébré une messe pour son Vincentio, le mien aussi; et que demain j'en célébrerai une autre pour elle. Qu'elle tienne pour certain que jamais je ne l'oublierai, etiam quand je serai aux Indes. De ma part, micer Pedro (François s'adresse ici au Père Pierre Godacio^), mon frère très aimé, rappelez-lui qu'elle m'a promis de se confesser et de communier. Qu'elle m'informe si elle l'a fait et combien de fois. Si elle veut être agréable à Vincentio, son fils et le mien, dites-lui de ma part de pardonner aux meurtriers de son enfant. Car Vincentio prie beaucoup pour eux du haut du ciel. Recommandez-moi bien à tous ; si je ne les nomme pas, ce n'est pas que je les oublie-^. »

Les Bolonais virent avec peine s'éloigner une seconde fois leur apôtre. «Il y eut affluence autour du missionnaire, nous dit Bartoli. On pleura de le voir partir, et beaucoup lui firent cortège le long de la route assez loin de la ville '*. »

1. Faustina de' Jancolini, noble romaine, qui, en 1539, laissa sa maison de la piazza Colonna aux Pères de la Compagnie, « poveri prcti sacerdotl di Jesti Christu chiamaii c nominati jtformati » . Tacchi Ve^turi, Storia délia Comp. di Gesu in Ilalia, 1910, t. I, p, 592. Ce legs ne fut pas exécuté.

2. Le P. Godacio, ou Codazo, auquel s'adresse François, était le procureur ce !,i maison de Rome. Il était si connu des Romains que le public appelait les Pères, la compagnie du P. Godacio.

:}. Mon.Xai'., p. 208-210.

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