Cité dans Bouhours
chevaleresque ne s'éteignit jamais en lui. A la chevalerie etàla courtoisie de l'ancien gentilhomme, il unissait la plénitude et la promptitude d'esprit du lettré. A la cour du vice-roi, parmi les ofiiciers vaillants etjoyeux, ou au Malabar, chez les pêcheurs dégradés, le sang noble qui coulait dans ses veines donnait la dignité à son attitude, la douceur à sa parole, la générosité séduisante à son action.
« Qu'il se mît à la tête d'une bande de chrétiens opprimés, le crucifix à la main, pour fondre sur des ennemis en maraude, ou qu'il bravât la mort dans un hôpital de fiévreux ou dans les ladreries, toujours prêt à rendre les services les plus répugnants aux contaminés, c'est toujours le même noble courage, la même abnégation en tout ce qu'il fait^ »
Il est un grief cependant qui revient souvent sous les plumes protestantes : Xaviera manqué de méthode, de patience, d'esprit de suite. « Même comme missionnaire, écrit M. H. Boehmer, il reste toujours fidèle à son extraction chevaleresque ; il apporte dans la mission l'esprit d'aventure du chevalier; il manque absolument de la vertu essentielle du missionnaire, lapatience... Il veuttoujours moissonner sans avoir pris la peine de semer. Aussi vagabonde-t-il sans repos de lieu en lieu, ne prenant racine nulle part; il n'apprend aucune des innombrables langues de cet Orient polyglotte assez bien pour en être véritablement maître : nulle part, il n'agit avec persévérance et d'une façon durable. Il n'est pas autre chose qu'un excitateur... Du reste, cette inquiétude même, ce besoin de conquêtes jamais satisfait eurent pour résultat défaire de lui un précurseur et un pionnier dans toute l'étendue du champ des missions de l'Asie^.»