Teixeka, fol
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de vérifier certains faits ; les témoins oculaires sont introuvables, et il ne reste plus que le bruit public. Mais cette impossibilité ne donne pas le droit de Jiier les faits. Texeira dit simplement qu'on « ne peut les affirmer avec certitude ».
Des merveilles attribuées à Xavier, nous pouvons donc dire avec le Père de Smet, parlantdes miracles de la primitive Église :
« Il n'est pas du tout nécessaire que les miracles promis par Jésus-Christ, et qui amènent à reconnaître sa véritable Église, puissent être tous aujourd'hui démontrés tels pour la science humaine, à l'aide des principes rigoureux de la critique. D'innombrables prodiges sont racontés par les écrivains ecclésiastiques, dans les vies des saints, dansl'histoire des pèlerinages célèbres, dans les relations des missionnaires. Combien n'y en a-t-il pas qui ont été reconnus comme évidemment miraculeux par les hommes de bonne foi et capables de porter un jugement tout à fait sûr qui en ont été les témoins mais qui, à la distance où ils se trouvent de nous dans l'espace ou dans le temps, ne peuvent être contrôlés par nous de manière à nous permettre d'en affirmer la certitude avec une complète assurance et de défier la contradiction des incrédules? »
Le savant bollandiste ajoute : « En dehors des miracles discutés et approuvés dans les causes de béatification et de canonisation, y en a-t-il beaucoup pour lesquels nous ayons cette certitude positive etcomplète ? Et, pour ceux-làméme, avons-nous cette certitude... autrement que par suite de l'examen critique qui a précédé le jugement et dont nous admirons la prudente rigueur'. »
Notons-le, la « prudente rigueur » dont il est ici question est celle qui a été imposée par Urbain VIII, postérieurement à la canonisation de Xavier. Nous ne voulons pas dire que les examens de miracles faits auparavant n'aient pas été sérieux. Mais il est à croire que tout n'y était pas parfait, puisque le Saint-Siège a pensé qu'une réforme s'imposait. Ce n'est pas manquer de respect aux juges qui ont discuté les enquêtes de 1556 et de 1616, de dire que leurs successeurs, aujourd'hui, se montreraient plus difficiles.