Mon. Xac, p
APPENDICK C 445
Jusqu'à découverte de nouvelles pièces, nous tenons donc que le texte original d'Antoine portait 27 novembre.
II. Version des marchands^. — Le 23 décembre 1554, le Père Arias Brandon écrivait de Goa : « L'on m'a raconté que quelques Portugais dont le vaisseau mouillait dans un port voisin, informés de sa maladie, montèrent à la Sierra^ où ils le trouvèrent quasi mourant, et qu'ils demeurèrent près de lui jusqu'à l'instant où sa sainte âme alla à Dieu. Ce fut le 2 décembre 1552... Quelques Portugais qui l'aimaient l'ensevelirent. » La même année, le F. Pierre de Alcaçova écrivait de Goa : « Arrivant en Chine... on me dit... que le 2 décembre 1552, vers minuit, sa sainte âme avait passé de cette vie à la gloire 2. » La même année encore, le 3 décembre, le Père Nunez envoyait à saint Ignace un récit d'où nous tirons les données suivantes : « François était sur le vaisseau ;... le soir (mardi 29) il se mit dans sa cabine. Le lendemain matin (mercredi 30), on attendit qu'il sortît... Tout ce jour-là, il resta sans boire, ni manger, ni répondre... Le jour suivant, qui fut jeudi 1*"^ décembre, il dit qu'il se trouvait mal et qu'il voulait aller à terre... Le jour suivant, vendredi, il ne put non plus manger... et l'on n'entendit plus de lui d'autres paroles que ses prières, et ainsi, vendredi 2 décembre, à minuit, il mourut. Les Portugais mirent son corps en un cercueil... dans une fosse creusée par eux... » — D'autre part, sur le journal d'un marchand, François Gonçalvez, le Père Sébastien Goncalvez lut que le Père François mourut le 2 décembre, un vendredi à 2 heures du soir, et qu'on attendit pour l'ensevelir jusqu'au dimanche^.
En résumé, maladie très courte, si courte que les gens du vaisseau n'ont vraiment pas eu le temps de s'intéresser à Xavier. Ce qu'ils ont pu faire, ils l'ont fait, ils l'ont enseveli.
Le tableau ci-dessous résume les deux systèmes en présence.
1. Nous omettons, bien entendu, la version de Mendez Pinto qui prête à François 17 jours de maladie et le fait mourir le samedi (sic), 2 décembre.
2. Est-ce bien à San-choan que Alcaçova recueillit la date de la mort? Le Père Gros en doute (II, p. 361). Mais il pouvait y avoir là des marchands qui, venus de Malacca ou des Indes, apportaient en Chine les bruits qui couraio-nt ailleurs. Ce qui reste certain, c'est que, aucun Portugais n'étant fixé à San-choan, aucune tradition n'avait pu s'y conserver.