OULANDINI, 1. III, n
maison professe Saint-Antoine à Lisbonne, et collège de Goïmbre. En 1553, Ignace écrira à tous ses religieux leur demandant de payer en prières sa dette de reconnaissance^. Cette faveur accordée aux Jésuites a été vivement reprochée à Jean III. La légende s'en est emparée, et il passe encore, auprès de certains historiens imaginatifs, pour avoir été affilié à l'Ordre, premier exemple de ce qu'ils appellent les « Jésuites secrets ». C'est j)Our avoir accueilli de confiance Simon Rodriguez, cet intrigant (on n'ose mettre en avant François Xavier), que le Portugal est allé à la décadence et à la ruine. Sur ce thème, les paml>hlétaires aux gages de Pombal et leurs copistes ont exécuté force variations.
Ce n'est pas ici le lieu de faire le procès ou l'apologie du roi Jean III. Sans vouloir grandir outre mesure le protecteur de Xavier, il n'est (|ue juste cependant de le mettre parmi les plus brillants souverains du Portugal. Sous son règne, le royaume atteignit un degré de prospérité qu'il ne devait plus connaître parla suite. 11 est vrai, cette splendeur était de celles qui amènent les décadences. Lisbonne avait triplé en 80 ans, mais aux dépens des campagnes. L'Inde portugaise s'étendait, mais épuisait la métropole; elle envoyait de l'or et des épices, mais elle prenait les hommes. On ne voit pas, en tout cela, quelle peut bien être la responsabilité des Jésuites.
Dans quelle mesure les Pères Simon et François se rendirent-ils compte de l'état vrai des choses? II est permis de croire (|u'ils ne cherchèrent pas beaucoup à scruter le plus ou moins de solidité de ce brillant édifice. Mais notre saint ne put s'empcoher de j)rendre en grande pitié la conscience royale. Après un premier moment d'enchantement, dû à l'esprit chrétien du roi, succéda dans l'àme de l'apôtre une vive inquiétude. A mesure qu'il verra de plus près les affaires de l'Inde, cette angoisse ira grandissant. Quand son expérience sera faite, il ne cessera de répéter au puissant monarque combien terrible sera le compte qu'il devra rendre à Dieu.
Les deux Pères s'étaient mis sans retard au travail. Huit grands mois les séparaient encore du prochaindépartdes vaisseaux. Pour