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3. La minute des quatre brefs se trouve aux archives du Vatican (Astrain, 1, p. 467). Les originaux se vénéraientjadis chez les Jésuites de Goa, enveloppés dans une bourse de velours vert (Sousa. Oriente conquisiado, t. I, p. 15). Il y avait quatre pièces : 1» bref adressé aux deux Pères leur conférant titre de nonce, 27 juillet 1540 ; 2* bref leur accordant diverses faveurs, 2 août ; 3" et 4°, lettres de recommandation au roi d'Ethiopie d'abord, puis à d'autres princes d'Orient (4 octobre). Le P. Cnos (Vie, t. I, p. 484) donne le texte du premier href, mais adressé au seul Xavier, d'après une copie du P. Seb. Gonçalvez dans son histoire manuscrite ; puis le résumé de deux brefs (27 juillet et 2 aoùl), adressés aux deux Pères, et leur accordant des pouvoirs variés, enfin la lettre de recommandation aux divers princes d'Orient.
enfants. Ce n'était point à lui de trancher. Paul III consulté s'en remit au roi, qui avait eu l'initiative de toute cette affaire. Ignace transmit à Lisbonne l'avis du pape, et enjoignit aux Pères de se tenir entièrement à la disposition du prince. Mais il se permit de suggérer une solution pratique : garder Simon Piodriguez en Portugal et envoyer François aux Indes. Ce partage répondait à tout. L'un se consacrait aux infidèles, but premier de sa venue en Portugal, l'autre restait pour établir la Compagnie dans le royaume. Jean III avait en trop haute estime la sagesse du Père Ignace pour ne pas entrer dans ses vues*. En conséquence il fut réglé que Xavier partirait avec Paul de Camérino et Mansilhas. Rodriguez resterait avec deux prêtres récemment admis dans la Compagnie.
Le départ de saint François Xavier dut être définitivement décidé dans les premiers mois de 1541. Or c'était en mars, ou au plus tard au début d'avril, que mettait à la voile ce que nous pourrions appeler la « malle des Indes » ; les Portugais disaient « les vaisseaux du roi ». 11 ne restait donc plus qu'à faire les préparatifs du voyage. Pour Xavier ils furent des plus sommaires.
C'était l'usage, quand on voyageait aux frais de l'Etat, de remettre à l'administration une liste des objets dont on aurait besoin. Sur l'ordre du roi, don Antoine de Ataïde, comte de Castanheira, demanda au saint la liste en question. Tout ce que le comte put obtenir fut que le Père acceptât pour lui et ses compagnons une soutane de laine grossière afin de se protéger contre les froids du cap de Bonne-Espérance, et quelques livres pieux qu'on ne trouverait pas dans l'Inde. II ne voulut aucune provision de bouche. Encore moins accepta-t-il un serviteur que lui offrit don Antoine. « Il le faut pour votre dignité, disait le comte ; vous ne pouvez pas laver votre linge ni vous occuper du pot-au-feu. » A cela, d'un air modeste et grave, François répondit : « Seiior, cette jalousie d'une prétendue dignité, ce zèle pour accomplir