POLANCO, t. I, p
de prétendus devoirs, amis la chrétienté dans le déplorable état où nous la voyons. Pour moi, j'entends laver mon linge, m'occuper du pot-au-feu et servir encore les autres; à quoi j'espère ne perdre aucune autorité. » Et don Antoine, qui racontait cette conversation, ajoutait : « Autant j'avais de mal à empêcher les autres de prendre plus qu'il ne leur était dû, autant j'ai du lutter pour forcer le Père Maître François à accepter du roi quelque bagatelle'. »
« Mon frère Maître François, écrira bientôt Rodriguez, est parti... avec toutes les faveurs du roi, très libéralement fourni de tout pour le voyage, beaucoup plus même qu'il n'eût voulu. Mais ainsi le voulait le roi à qui nous devons obéissance 2. »
Sur le point de quitter l'Europe, et, selon toute apparence, pour n'y jamais revenir, Xavier, une fois encore, se retourna vers ses frères de Rome. C'était le 18 mars; il se croyait à la veille démettre à la voile. Deux lettres allèrent porter à Ignace et à Codure, à Le Jay et à Lainez les adieux de l'apôtre, et leur demander des nouvelles^.
Tout l'intéresse de ce qui se passe là-bas, et la maison qu'Ignace venait de louer'; et les amis delà Compagnie qui devraient bien, maintenant qu'elle est approuvée, venir chercher dans son sein la paixqu'ilsréclament; et lemédecin delà maison, le « Sefior Doctor Lopez » lequel, dit-il, a une raison particulière de ne pas s'éloigner de nous. C'est que, du jour où il ne soignerait plus l'estomac du Père Ignace, il perdrait du coup son don de guérisseur''. Et Xavier conclut: « Quand vous nous écrirez aux Indes, parlez-nous de tous nomlnatim. Ce ne sera qu'une fois par an ; faites-le donc au long et au large. 11 nous en faut de quoi lire pendant huit jours. Nous en ferons autant pour vous^ »
1. p. Sébastien Gonçalvez, cité dans Gros, F/e, t. I, p. 188.