‹ Saint François XavierChapitre 97 sur 820 · Mon. Xav.. Ep. 9 et · texte numérisé non relu

Mon. Xav.. Ep. 9 et

4. Le Père Pierre Godacio, curé de l'église N.-D. de la Strata, en entrant dans la Gompagnie, avait obtenu de Paul III que son église fût donnée à saint Ignace, et la paroisse transférée aune chapelle voisine (1» nov. 1540). Le 1" février 1541, le suint loua en face une maison. Le 24juin, la cession fut ratifiée par une bulle. En 1542, les Pères prirent possession du sanctuaire et commencèrent à bAtir autour un couvent qui fut l'origine du Gciu actuel. Ils s'y installèrent le 22 août 1514.

h. Mon. Xav., p. 245, 246.

La lettre à saint Ignace et au P. Goclure se terminait ainsi; « En finissant, je prie Notre-Seigneur qu'il nous donne la grâce de nous revoir et de nous retrouver corporellement dans l'autre vie. Car, pour ce qui est de la vie présente, je ne sais si nous nous reverrons jamais. H y a loin de Rome aux Indes ; et puis la messis est vaste, et il n'est pas nécessaire d'aller chercher ailleurs du travail. Mais, celui qui le premier entrera dans l'autre vie, et là, non invenerit fratrem quem in Domino diligit^que celui-là prie le Christ Notre-Seigneur de nous donner à tous la grâce de nous retrouver dan» la gloire^. »

Lepremier qui devait entrerau ciel,etlà nepas« encore trouver de ces frères qu'il aime dans le Seigneur», fut précisément l'un des destinataires de ce suprême adieu, le P. Jean Codure^.

Xavier ne demandait pas que des nouvelles ; il voulait des conseils. Humblement il s'adressait à son Père Ignace pour être éclairé: «Par l'amour et le service de Dieu Notre-Seigneur, je vous en prie, au prochain mois de mars, quand la flotte partira de Portugal pour les Indes, écrivez-nous longuement ce que vous pensez de la conduite à tenir au milieu des infidèles. Sans doute, l'expérience nous instruira en partie; mais nous espérons que Dieu Notre-Seigneur voudra bien nous donner par votre intermédiaire la grâce desavoir ce que nous devons faire, comme, si souvent déjà, il nous l'a donnée. Nous craignons en effet qu'ilne nous arrive ce qui est arrivé à beaucoup. Par négligence ou mauvais vouloir, ils n'ont pas voulu s'informer auprès des autres; et Dieu Notre-Seigneur leur a refusé ce dont ils avaient besoin. Il nous le donnerait, si, humiliant notre entendement, nous demandions aide et conseil, surtout à ceux qu'il a plu à Sa Divine Majesté d'établir comme médiateurs entre elle et nous, pour nous faire savoir comment elle doit être servie. Rogamus vos^ Patres, et obsecramus iterum atque iterum in Domino per illam nostram in Christo Jesuconjunctissimam amicitiam"^^ écrivez-nous votre avis sur le moyen de mieux servir le Seigneur, sur ce que nous devons faire, puisque nous désirons

\.Mon. -Yai'.,p. 241.

2. Codure mourut quatre mois après, 29 août 1541, au moment où il allait partir eu mission pour l'Irlande. Polanco, t. I, 92.

3. « Nous vous en prions, Pères, nous vous en supplions encore etencore dans]eS«i-. gneur par cette amitié très étroite qui nous unit dans le Christ Jésus... »

tant que, par vous, nous soit manifestée la volonté de Jésus- Christ. Et puis, dans vos prières, ultra solitam memoriam\ nous voudrions avoir un souvenir plus particulier. Notre longue navigation, nos relations avec les païens, notre peu de savoir, tout cela exige un secours plus qu'ordinaire 2. »

Dans son audience de congé, François s'entretint longuement avec le roi de la conversion des Indiens. Jean 111 lui demanda des mémoires détaillés sur l'état de la religion en Orient et les moyens pratiques d'y propager la foi. Plus que jamais, le prince semblait soucieux de son devoir et de sa terrible responsabilité devant Dieu. « 11 s'attriste beaucoup, écrivait le missionnaire à ses frères de Rome, de la misère où vivent ces peuples; il voudrait empêcher que le Créateur et Rédempteur de ces âmes fût perpétuellement offensé par des êtres créés à son image et rachetés si cher. Tel est le zèle de Son Altesse pour l'honneur du Christ Notre-Seigneur et le salut du prochain, que vraiment nous devons rendre à Dieu d'infinies actions de grâces pour avoir trouvé un roi si pieusement pénétré des choses de Dieu. Je ne l'aurais jamais cru, si je n'en avais été le témoin. Plaise à Dieu Notre-Seigneur prolonger sa vie pendant de longues années, puisqu'il l'emploie si bien et qu'il est si utilis et necessarius populo suo^. »

Tout était prêt pour le départ. Les chargements étaient achevés. La flotte emmenait le nouveau gouverneur des Indes^ don Martin Alphonse de Sousa. On n'attendait que le bon vent. En temps normal, les navires mettaient à la voile vers le milieu de mars. Quinze jours ou trois semaines de retard risquaient de jeter le désarroi dans l'expédition. Or, cette année-là, le mauvais temps se prolongea outre mesure. Au premier avril, on était encore bloqué dans l'embouchure du Tage.

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