‹ Saint-Gildas de Ruis; aperçus d'histoire monastiqueChapitre 2 sur 4 · LE MONASTERE CELTIQUE · texte numérisé non relu

LE MONASTERE CELTIQUE

On n'admirera jamais trop la puissance de conquête et d'assimilation des Romains. Non seulement les légions de César restèrent maîtresses du sol de la Gaule, mais, à leur suite, s'y implantèrent de façon indéracine lation, la langue et l'esprit de la cité Au début du cinquième siècle, à 1 invasions, il n'y subsistait plus qu( blés vestiges du vieux fond celtic cette extrémité orientale du territoîr péninsule armoricaine, où il sembl mier abord (et l'histoire s'y est long pée) que l'idiome et les mœurs de rains de Vercingétorix eussent di dernier et inexpugnable refuge. Se sion d'un critique de première ai sujet, l'Armorique est alors « un

ilisé » (1). Aussi est-ce moins un fait de race que de situation géographique, auquel il faut attribuer l'indépendance éphémère conquise par Ja péninsule, durant Tagonie de Tempire d'Occident et la première période de la conquête germanique. « Vers 408, comme l'expose le même critique (2), les Armoricains, oinsi que les habitants des autres provinces gauloises, prennent les armes et chassent les magistrats romains, qui ne savent pas les défendre et ne font que les pressurer. Honorius, en 111, envoie une armée contre les Barbares qui désolaient la Gaule ; il est vainqueur et les provinces révoltées se soumettent. En 417, Exuperantius est gouverneur de TArmorique. Les cités armoricaines s'étant révoltées (443?), Aetius lance contre elles un chef alain, Eocarich. Saint Germain d'Auxerre, venant de Grande-Bretagne, intervient, arrête Eocarich et se rend à Ravenne auprès de l'Empereur, pour intercéder en faveur des Armoricains. Au moment où il revient éclate une nouvelle révolte des cités. Elle fut sans doute promptement étouffée, la Gaule, d'après Sidoine Apollinaire, obéissant tout entière aux préfets de Valentinien III. Les Armoricains secondent

(1) J. Loih y L'Emigration bretonne du V"" au VW siècle de noire ère. Rennes, 1883, in-8, p. 92.

(2) Ouvrage cité, pp. 72-73.

les efforts des Romains pour repousser les tentatives des Visigoths sur les pays situés au-delô du Rhône. Lorsque la puissance romaine est définitivement brisée par les Francs dans les Gaules, ils forment une confédération indépendante et se défendent vigoureusem nt contre les Francs. Ceux-ci devenus chrétiens, un accord intervient entre eux et les Armoricains. Les soldats romains isolés en Armorique se mêlent aux Armoricains en paix avec les Francs, mais leurs descendants restent encore reconnaissables a certaines habitudes militaires particulières. Par col accord avec les Armoricains, la domination de Clovis se trouve étendue de la Seine à la Loire. »

Si la conversion de Clovis el de ses Francs facilita leur entente avec les Armoricains, c'est que ceux-ci, comme la grande majorité des Gallo-Roinains, étaient chrétiens lors de l'invasion germanique Trois sièges épiscopaux, Nantes, Rennes et Vannes, se partageaient, à Tépoque de Clovis, la juridiction sur la péninsule (1). L'apostolat du grand évêque de Tours, saint Martin, pour la propagation du christianisme jusqu'aux dernières couches de la population rurale de Gaule, œuvre continuée par ses disci-

(i) J. Loth, ouvrage cilé, pp, 74, 75.

— expies, avait eu son effet jusqu'au fond de TArmorique, où il semble toutefois que subsistassent encore au V^ et au VP siècles un nonibre assez notable de paysans païens, adonnés à une idolâtrie superstitieuse, qui conservait sans doute en cette région certaines traces plus ou moins marquées de Tancienne religion celtique et de l'enseignement druitique (1;. Mais ces paysans mêmes ne parlaient plus le vieux gaulois ; leur langue était le latin vulgaire, alors déjà en cours d'évolution pour devenir le roman, puis le français (2). Les dialectes celtiques encore aujourd'hui vivants ou denii-vivants dans une partie de la péninsule et les populations qui les parlent sont issus d'une tout autre origine. Le nom même qui maintenant sert à désigner l'ancienne Armorique est une importation d'outremer. La Bretagne du temps de Clovis, c'était l'Angleterre ou Grande-Bretagne d'aujourd'hui. La grande île, peuplée de Celtes comme le continent gaulois, avait comme lui éprouvé la puissance de Rome, mais plus tardivement et

(1) J. Loth, ouvrage cité, p. 75. Cf. A. de la Borderie, Etudes historiques bretonnes. GUdas et Merlin. Paris, Champion, 1884, in-8. Bu rôle historique des saints de Bretagne, p. 137.

(2) Cf. Romania (article de M. G. Paris), t. XIII (1884), p. 438. — A. de la Borderie, Histoire de Bretagney Rennes, Plisson et Hervé ; Paris, Alphonse Picard, 1890, in-4, pp. 146, 175 et siiiv., 186, 187, 198 et suiv.

avec un effet moindre. Commencée à une date ultérieure, la conquête avait dû se borner à une partie du territoire, dont la colonisation, gênée, puis interrompue par la décadence croissante de l'empire, était demeurée très imparfaite. En iOT les troupes romaines de Bretagne furent rappelées pour renforcer, inutilement d'ailleurs, la résistance à l'inondation barbare qui menaçait ritalie et qui allait se déverser victorieusement sur la Gaule.

Leur départ laissa en Bretagne non pas comme chez nous des populations latinisées, mais des Bretons, ayant reçu sans doute la marque romaine, mais restés pourtant dans leur ensemble des Celtes de langue et de mœurs,et queleur contact, bien qu'hoslile, avec les Pietés et les Scots, demeurés toujours indépendants, contribua sans doute à ramener aux coutumes de leurs ancêtres, qui florissaient également alors en toute liberté dans Tile voisine d'Hibernie, qu'on appela depuis Irlande. Toutefois, le christianisme apporté aux Bretons par des missionnaires venus de Gaule, ne se retira point avec les soldats romains ; il s'affermit au contraire et se développa dans la Grande-Bretagne durant le cours du cinquième siècle. On vit même s'y épanouir une culture ecclésiastique assez brillante, due, à ce qu'il semble, à Tin-

fluence de saint Germain d'Auxerre qui, à deux reprises, en 430 et en 447, passa la mer pour combattre la propagation dans l'église bretonne de rhcrésie du moine Pelage, lui-même breton d'origine. Un trait caractéristique de celte église, que saint Germain, s'il n'en 'fut pas l'initiateur, dut en tout cas, d'après ses sentiments connus, plutôt fortifier qu'atténuer en elle, ce fut la prépondérance croissante dans son organisation de l'élément monastique, transmis d'Orient en Occident par saint Athanase, et sans doute de Gaule en Grande - Bretagne par quelques - uns des disciples ou des imitateurs des grandes fondations de Marmoutier et de Lérins. Cette prépondérance paraît du reste avoir eu ici un rapport spécial avec l'organisation civile et politique des Bretons retournés aux vieilles mœurs celtiques, c'est-à-dire qui avaient repris le système antique et patriarcal de la tribu, du clan, auquel s'adaptait particulièrement bien la vie monastique (1). Mais, d'autre part, celte constitution traditionnelle maintenait le fractionnement de la race en petites peuplades, dont les petits chefs, sous le nom de rois, avaient sur leurs sujets une

(l) J. Lolh, ouvrage cité, pp. ^5 et suiv., 131, 132 et suiv., 138, 139. — A. de la Boiderie, Etudes historiques bretonnes. Saint Gildas, l'historien des Bretons^ p. 217 et suiv. — Montalembert, Les Moines d'Occident, T. I, 5*^ édition, p. 225 et suiv., T. III, ^^ édition, pp. 17-19.

autorité peu étendue et peu solide *^ ' " tant leurs querelles parliculièrefe et rancunes de clans, se livraien continuels et snnglants combats livra la Grande-Bretagne à l'invasi comme l'épuisement d'énergie p chute de l'empire romain, y avai Imprudemment appelés de leurs d'outre-mer, comme auxiliaires d civiles, les Angles et les Saxons, passèrent de leur sol natal dans 1 nord-ouest, et y ayant pris pie( bien, refusèrent de la quitter et à la conquérir. Une lutte achai qui dura un siècle et demi, mais malgré une résistance opiniâtre, et refoulés.

« Vers l'an 450, dit un récent i torien de l'apôtre romain del'Ang mence en Grande-Bretagne Tinvj Une cinquantaine d'années apn débarquement et les premières forment encore sur les côtes de Test et au sud, qu'une suite de hésion. Au milieu du sixième s

(1) Saint Augustin de Canterhury ei par le R. P. Brou, S. J . , dans la coUecI Paris, Victor Lecofïre, 1897, in-i8, pp.

e ont grandi jusqu'à se rejoindre ; la ne occupe une bande large et irréguit, presque sans déchirure, le tour de de nie. Mais toujours de nouvelles rivent de Germanie ; c'est un courant ertains cantons d'Allemagne en sont Le Kent est si bien envahi qu'il n'y n Breton : il est vrai qu'il a fallu près pour anéantir les Celtes et les déloger nexpugnables forteresses de la forêt i. Le Wessex met vingt-six ans à se is le sud ; puis, à cet endroit, l'inva- 'ête pendant un demi-siècle et ne ae plus tard sa marche envahissante.

3 orientale, les tribus germaines afours, hommes, femmes, troupeaux.

e vers l'intérieur est irrésistible. Les Dut chassés de partout, ne gardant îconde moitié du sixième siècle que la i Tamise jusqu'à Londres.

)n féroce, au moins dans les premiers 1 résistance des Bretons, qui avaient l'énergie d'autrefois, exaspérait les ites et Saxonnes. Par malheur, l'enmquait dans la résistance plus encore que dans l'attaque. Si les chefs gersaient chacun pour son propre compte, s bretons ne s'inspiraient que de leurs

dangers personnels. L'hîs contre les Romains recon roïques, magnifiques cou] souciance et égoïsme. On n férence que lorsque, gag proche, les Saxons étaient < ((Le moine Gildas, qui, Galles, assistait à ces dér criait dans son style étrang des anciens crimes, d'une s'étala rincendie venu d'C mains sacrilèges, dévastant pagnes, et ne s'arrêtant qu rouge et sauvage eût léch surface de Tile, jusqu'à Alors, sous les coups de 1 laient, les habitants, avec églises, les clercs et tout crépitements de la flamm( terre. Effroyable spectacle publiques, portes des tours gonds, pierres des murs, se en lambeaux, rouges de sa gelé, tout était mêlé, bro^ épouvantable pressoir. Pa que les maisons en ruines c et des oiseaux de proie ; l'âme des saints, si toute

nges aient pu, en ce tomps-là, mteurs descieux... Combien , poursuivis jusque dans la gorgés par masses! d'autres, se livraient pour toujours en reux d'échapper pour une Il y en avait qui passaient la Is gémissements, et sous les Is chantaient en ramant :

n otos escarum ,etin gentiUs is. Quelques uns, retranchés 5S, au milieu des précipices, sses, sur les rochers de la uet et tremblants, gardaient-

se lamentait en ces termes expressive et lyrique véhérage spécial qu'il composa

ruine de sa patrie : De exci- ^tait Tune des lumières de

au sixième siècle . Né 3 années du siècle précéîmières années de celui-ci»

îc une vaillante ferveur à la apostolique et de culture lition de saint Germain semble i départ. Il est difficile de décts de sa carrière de la con-

fusion des traditions et c accumulées autour de se raît avoir agi dans une d sation de la Bretagne d dont la conversion, cor siècle, laissait encore b( forme de la chrétienté relâchement du clergé s licencieuse des roitelet guerres civiles et la lutte vahisseurs saxons ava leurs sujets, à une quasi dre de quel ton Tardei gourmande: « La Bretag juges ; maïs ces juges sont des tyrans. Us ne } les innocents ; ne venge les scélérats et les voh femmes, mais ce sont adultères. Ils jurent sou\ font des vœux, et les roi ils prennent les armes

. (1) Cf. l'intéressant trav Saint Glldas^ Vhistorioides et suiv. — Romania, t X'I ( p 175. — Th. Mommsen et I ta Germaniœ historlca, Aitc XIII, pp. 4 et 6. — A?ialecta pp. 352 et 353.

contre la justice. Ils pours voleurs à travers champs ;

siègent à leur table, ils les lent de présents. Ils font de ais ils entassent sur leurs

de crimes. Ils siègent dans

mais ne s'inquiètent guère ice. Ils méprisent les inno-

; mais les hommes de sang arricides, les adultères, tous , loin de les détruire, eux et I le devraient lorsque Tocca- 3 portent aux nues de tout dans leurs prisons des capus que la justice a chargés résentent devant les autels ; rinstant d'après ils les foune des pierres seuillées de

de la patrie, crie-t-il à l'un 5 autant qu'on peut détester :. Les guerres civiles et les toujours soif. Resté seul dès arbre desséché au milieu de i, je t'en prie, la vaine pré- '^s et de tes frères et leur le jeunesse. Crois-tu donc, érites, obtenir de vivre cent Qe autant que Mathusalem ?

Non ! non ! Mais si tu lan il ne tardera pas à brandir ce Roi qui par son prophè mort et la vie ; je frappe e peut fuir ma main (1). »

Pour le double but qu Gildas employait le même i ment et la propagation de si conforme, nous lavons race. Une part considérabl cisive devaient revenir à < des événements principaux et de l'histoire des Bretons péninsule armoricaine d( grande île, écrasées", refoi Saxons, et la colonisation i rection des moines celti considérable de cette régie en conséquence le nom de ] serve encore aujourd'hui, 1 tion, de jour en jour plus rants germaniques impoi d'autrefois, concurremme Grande-Bretagne, celui de Angleterre. -

(( L'émigration bretonne

(1) La Borderie, ouvrage cité.

î de notre ère, dit M. Loth (11, est 3s mieux prouvés de l'histoire, siècle, la péninsule armoricaine, les cités des Namnètes, Redones, smii, Curiosolites. est complète- 3 de langue et de culture. Son sol e voies romaines reliant des villes situées pour la plupart sur le littotre de la péninsule, couvert de fo- )euplé. Les habitants sont en grande ns : les cités des Namnètes. dos 3 Veneti, sont constituées en évè-

siècle, la péninsule armoricaine, s grande partie du territoire des 5 Namnètes et un coin du pays des Lièrement changé de face : nom, rs, tout y est transformé. Au lieu s alliés des Francs, on voit appaitons, leurs ennemis déclarés. Sans loignage des hagiographes et des nom de ce peuple, sa langue, le plus importantes tribus, nous gp- 1 vient de l'ile de Bretagne et prin- ) l'ouest et du sud-ouest. Une preon des Angles et des Saxons a

té, pp. 235-237.

de TEllé et du Blavet, sont can- )ns de Bro-Waroch, dont le pays é du nom de leur plus glorieux île. Nous ne savons pas exacteoint de Tîle de Bretagne ils sont répandent autour de la ville de vant-garde, dès la première moitié est solidement établie dans la aérande. C'est cette peuplade belène la lutte contre les Francs : il estion que d'elle parmi les peules, chez les écrivains mérovinngiens.

3 sortent d'un pays quia étélongiOminalion de Rome, mais que la laine n'a pas assimilé. Quelques ns leur langue, des ruines rool de la Bretagne, sont à peu près [•ques du passage des Romains, sont chrétiens. Les émigrants leurs rangs un très grand nom- Les monastères s'élèvent rapiiorique. Plusieurs deviennent des )ulation importants. Les monasn h Dol, de Malo à Lan-Aleth, de.

ace où s'élève la ville de Saintitwal à Tréguier, deviennent le mt d'évôchés. Leur juridiction,

d'abord sans doute mal se renfermer dans des b noé, au IX'' siècle, n'a pt à Dol, Saint-Brieuc, Aletl que reconnaître un fait a( consécration olficielle et t la dignité épiscopale de h sinon de droit, au moins été. inséparables jusqu'à circonscriptions religieus nouailles et de Léon, fon sulaires, semblent, de to avoir eu les premiers un régulière. Le principe qi tion des' évêchés bretons la transformation des c cette seule dilTérenco qu' gallo-romaines, mais de 1 (i Ce qu'on doit entend tion bretonne^ dit M. d* l'ensemble de toutes les 1 ou moins nombreuses, siècle, à partir de l'an 46( successivement et presqu quer en Armorique. S

(1) Du rôle historique d vrage cité [Etudes historiques Cf. Histoire de Bretagne, t. I,

induites par des chefs miliombre aussi devaient avoir îfs ecclésiastiques...

ctes anciens des saints qui s'établir en notre péninsule, Bc des armées de disciples :

it soixante-douze, saint Léo- , saint Brioc (ou Brieuc)cent

Ces chiffres élevés eussent onner aux historiens que les ; saints étaient plus que des luelles ; mais parce que les [jours les clercs en première nt jamais le chiffre des émiit ceux-ci se trouvaient acsont apparemment imaginé ues en Armorique à la suite 3 Bretagne étaient purement mde erreur, comme on va le )us en appelons aux légendes les Actes de saint Paul Auêque de Léon, on lit ce qui assage de ce saint en Armoc lui douze prêtres du Christ, lersonnes qui lui étaient attaliens du sang, soit par ceux

nombre d'esclaves propor-

•^*TÇ=

)uth-\N^ales actuel) tenta leste.

s Actes), grèce aux priéplusieurs autres saints, quelque peu ; et Teliau, nu du ciel, se réfugia avec tous ceux que le •e moissonnés {cumhis voici comment cela s'ac- ^'eliau : — Léve-toi, raslation (veliquias gentis ir tête va-t-en au pays 'eliau se leva donc, et 3urs évêques ses suffrade toutes les classes, et nés, il gagna d'abord le îndit avec tous ses comits de TArmorîque qui *essé. »

oin de commentaire. 11 liau, non seulement des is parents et des amîs, xe et de toute condition, une tribu tout entière, cause de l'émigration, l'invasion saxonne ; Té- ? Cause pour cause, il est le môme et du même

temps. Il s'agit toujours d'une émigration outremer : et pourrait-on nous dire en quoi il eût répugné davantage aux Bretons de prendre pour guides leurs chefs ecclésastiques quand ils émigraient devant la peste ?

« Voici donc le résultat que nous pouvons constater :

(( Les émigrations de nos saints sont autre chose que des émigrations individuelles ou des émigrations purement ecclésiastiques. Ce sont des bandes véritables, des clans, et quelquefois des tribus que les moines et les êvêques de Tile de Bretagne amènent avec eux dans notre péninsule ; — ou du moins de ces tribus et de ces clans ce que le fer et la peste ont épargné.

(( Et il' n'est pas téméraire d'afïu^mer qu à chaque saint qui débarque en Armorique venant de la Grande-Bretagne, c'est une nouvelle bande d'émigrés qui débarque avec lui. Fait laissé dans l'ombre jusqu'ici, et qui n'en sera pas moins très fécond quand on voudra étudier d'une manière sérieuse l'histoire de l'émigration bretonne.

« Nous savons donc maintenant que, dans cette émigration, 1 élément ecclésiastique et en particulier les saints, tiennent une place immense ; nous savons que les moines et les évêques de l'île de Bretagne ont partagé avec les chefs de guerre l'important privilège de guider sur les flots les

es des émigrànts bretons ; nous savons luoi, enfin, de ces barques fugitives, par s le concert varié des lamentations indivi- 5S, monte et s'élève, comme la voix du comant, la solennelle psalmodie des chants ecstiques. »

mi lès monastères édifiés en Armorique s émigrés bretons du sixième siècle, nous [narquons un pittoresquement situé sur oUiner dominant la mer et les rochers qui 'dent, à Texlrémité d'une des presqu'îles lys vannetais, terre aujourd'hui fertile et ireuse, alors en grande partie couverte de [( rudement assaillie au sud par l'Océan leur, doucement caressée au nord par le Morbihan ))(!); nous en remarquons un le nom de Rais, dans les textes anciens i-Visiij serait celtique et rappellerait Torile ses premiers moines, a La dernière pari nom se retrouve dans Caer-Wys, dans até de Flint (Nord-Galles), et probablement dans Powys (Pou-Vis, pays de Vis?), part de la Cambrie (2\ » Le nom de son paest plus significatif encore. La tradition, ilîie au onzième siècle dans un texte dont

a Borderie, Saint Gildas, l'historien des Bretons^ je cité, p. 262.

Loth, ouvrage cité, p. 187.

îs légitime, M. de la Bconstituer pour nous

ces groupes civilisa- Blques-uns des traits ivre :

l), la physionomie des

au VI® siècle, nous

traits qui nous sont etons insulaires et par lurs précieux, en raignements venus jusères d'Irlande et plus ilbna, fondé près des ot saint Columba ou re aujourd'hui le paaroisses (3).

1 ou scotique du VI«

toujours une popula-

liv. — Cf. Histoire de Bre-

suiv.

1 était encore aussi bien

361 nie (Irlande), berceau

Bux de la région du nord

lus tard prit d'eux le nom

uteur en note, Plougoulm lans le Finistère, et Saintans rille-et-Vilaino. » — Bst jamais venu en Armo-

encore le logis

ne l'église et îcés plus ou cour qui fori'on nommait llule de Tabbé 'îers, s'élevait m dominante, à embrasser,

►ns était envi- /une muraille l'un fossé, de — clôture et Irlande, quand sèment de ce l'abbé un fort îlevait les bâtaient les dée, l'écurie, le l s'il y avait là lant à la forge pensable dans s, on incline à

ur du Vcillum >

Page 1